You are currently viewing NOSTRADAMUS : LA LETTRE A  C. GALIEN
  • Post published:24 avril 2022

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1 – NOSTRADAMUS, LA LETTRE A C. GALIEN : INTRODUCTION

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Le texte est présenté sous trois formes :

-la version originale, (vieux français des plus indigeste quand on n’y est pas habitué)

-la version modernisée,

-la version traduite associée à des commentaires.

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2 – NOSTRADAMUS , LA LETTRE A C. GALIEN : VERSION ORIGINALE

 

 

Nostradamus Galien MICHEL-HENRI

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Paraphrase de C.

GALEN, sus l’exhor-

tation de Menodote, aux estudes des

bonnes Arts, mesmement Medi-

cine : Traduit de Latin en

Françoys, par Michel

Nostradamus.

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Nostradamus galien 2 MICHEL-HENRI

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A LYON,

chés Antoine du Rosne.

1557

DE L’ESTATUE DE GA

LEN, TRADUICT

DU GREC.

Huictain.

Le temps estoit quand la terre engendra,

L’homme mortel, par sa science infuse :

Quand l’art iactrice Barbare parfondra,

Le grand Galen qui lors estoit confuse.

Terre immortels nourrissoit, quand diffuse

Estoit sa fame, est la porte damnable :

D’Enfer videe, par art des mains qu’il use

Par sa doctrine iactrice tant louable.

A TRESHAUT, TRESILLUSTRE,

tresmagnanime, & très héroïque Seigneur monsei-

gneur le Baron de la Garde, Chevalier de l’ordre du

Roy, Amiral des mers de levant, Michel de No-

stredame son très humble & obéissant ser

viteur, baisant la main dextre de

son trident, envoie salut

& félicité.

Dans un premier temps, que les lettres commencerent de pulluler, ô tresillustre & très héroïque Seigneur, fut une coutume, & despuis par plusieurs siecles passez est venu en tel supresme degré de augmentation, & despuis observee : que ceulx qui par moyen de leur continuelles vigiles, venoyent mettre en lumière quelque cas nouveau comprins par le labeur des lettres, qui fuit digne d’estre leu : ou bien aussi si quelqu’un par moyen de son industrie venoit a susciter quelque œuvre par plusieurs siècles ja passez par l’injure du temps estaincte, ou presque du tout suffoquee, ilz venoyent longuement à preemediter à qui premierement on viendroit à consacrer leurs œuvres : tellement qu’ilz venoyent à choisir le personaige & leur desdier, qui en peussent faire ample jugement, ou bien à leurs plus proches amys le consacrer, que tous aussi fussent unanimes à le desfendre de la calomnie des envieux, & aussi que par le point principal, par l’esplendeur & renommee de leur nom, donassent à l’œuvre, & au faict suscité plus grand credit & réputation, & que par meilleur droit & digne raison puisse estre soustenue & vivifié : car il ny a celuy qui tant soit hebeté de sens, qu’il ne confesse que le nom d’immortalité & de loüange sempiternelle, ne doivent estre conservee au Seigneur & patron, à qui le monument de l’ œuvre (pour exigüe qu’elle soit) a été consacré, s’il estoit requis, outre l’enuie de conferer les trèsgrans faictz aux trèsinfimes.

Valere le grand à consacré son œuvre, non moins admirable que mémorable, à Tiberius Caesar, qui succéda après Auguste, & Plinius voulut consacrer ses divines œuvres à Vespasien Empereur, & Martial à Domitian, puis à Nerva & innumerables autres, & si oserois testifier, qu’il n’est possible qu’on puisse desnier, que les susdictz Empereurs ne soient estés beaucoup plus célèbres, par moyen de la renommée de ceulx qui ont consacrés telles œuvres à leur magestez, & si nous ne pouvons bonnement scavoir s’il est possible : assavoir mon, si lon peut doner plus grande célébrité de nom, plus grand honneur, plus grande gloire, ne faire cas plus digne de grande excelence que celle qui se vient proclamer par l’estude de bonnes lettres, ou par les livres.

Combien que si petit opuscule ne requiert si grand, encores je ne doubte point que en ce monde ou tous sommes relegués, se puisse trouver rien qui soit plus digne, ne plus précieux que les bonnes lettres, & aussi le bien, l’honneur, & la gloire que par moyen des disciplines l’homme vient attaindre & poursuivre, rien ne peult estre plus noble par l’univers, ne plus honneste, que quant tout est conclud, il n’y a rien en ce monde qui doivent ne aussi se puisse preferer à l’immortalité, que aux vaillantz et stamittes capitaines, tant au faict terrestre que maritime est preparé, que révoluant longuement votre digne excellence combien par moyen de vostre trident avez conservé, non tant seulement l’universelle classe gauloise : mais aussi combien vous est redevable la bone maritime des mers de levant, que les habitanzs d’iceulx sont estez des ravisseurs Barbares pirattes delivrez & soustenuz, s’il est requis, ô illustre Seigneur, hors toute assolution adulatrice, combien de foys avait esté envoyé par les trèschrétiens Roys de France, en ambassade devers le grand monarque, qui obtient l’Empire par la plupart de l’Europe, par tout l’Asie, & l’Affrique tellement que votre legation à été de si felice & heureuse prosperité, que non tant seulement d’homme vivant en l’univers, ne aussi de plusieurs siecles passez, n’a escheu à l’homme vivant d’avoir conduict la innumerable armee de mer, sortie des plus profondes stations, tant d’Affrique que de l’Asie, voler aux Pacifiques undes de la mer Méditerranee, & aussi plusieurs & semblable prouesses accomplies par vostre magnanimité, & non moins avez estendu votre immortelle renommee par vostre temebonde trident aux Orientales mers : mais avez faict trembler les habitants des vagues du grand Océan : tant que la renommee en est jusques aux cieulx, que si aux opinions du vieillard Taciturne, de l’île de Samos, prenons signe de foy, avez suscité l’âme jadis du grand Neptune, de qui de droict, ô treshéroïque Seigneur les armes vous appartiennent : & tiens par une asseurance que ce à esté votre excellence, qui à parachevé la prophetie de l’escript de la Sibylle, qui n’a guieres à esté trouvé es plus profondz abismes de l’Occident, proche des colonnes d’Hercules.

Voluentur faxa litteris & ordine recris,

Cum videas Occident & Orientis opes :

Ganges indus, tagus, erit mutabile visu,

Merces commutabit suas vterq ; sibi.

Doncques, ô héroïque Seigneur, estant certioré de votre érudition navale, foy, probité, & valeureuse magnitude, ay librement prins ceste temeraire audace, vous offrir ce petit opuscule de C.Galen, ia longtemps traduict en langue françoise, intitulé le Paraphrase de C.Galen de Pergame, sus l’oraison de Menodote, aussi autheur grec, qu’il à faict & composé aux estudes des bonnes Artz mesmement Medicine : & combien que soit exigüe, mais presque ayant une officine de Vulcan, remplie de tout genre d’artifice, œuvre presque dissemblable aux immesurees labeurs de l’autheurs, & entremeslee de plusieurs histoires anticques, & apophthegmes, avecques plusieurs vers, tant héroïques que tragiques.

Ay voulu choisir cestuy icy, & ne dis les causes parquoy, la ost comprins une certaine description de la fortune occasionaire, autrement & au vray descripte que n’est par les escrivains du siècle passé, mesmes de ceulx qui premièrement ont inventé la description d’icelle, que plusieurs se pourront spéculer dedans, comme au parfaict miroër d’expérience : avecques la description de l’histoire du Grand Milo crotoniales, que onques ne se trouva homme plus robuste que luy, que ainsi qu’on lict, il empognoit une pomme grande en sa main, & ne trouva jamais homme en son temps qui la luy sceut arracher des mains, & nonobstant les violances faictes pour l’ouverture, la pomme estoit encore toute saine & entière : après en Olympe de pyse il porta sur son doz un toreau tout vif, par le long de l’estade, qui sont la longueur de six cens piedz d’Hercules d’une seule haleine, puisle deschargeant lui donna un coup de poing entre les deux cornes qu’il le tua, et guieres ne tarda qu’il ne leust devoré : mais vrayement après avoir racompté les vaillances de ce geant durant son principal soleil levant, certainement proche de son midy sa fin fut bien misérable, que après avoir fendu par la violence de ses mains, mesprisant le iouvenceau qui avecques de coingz venoit à diviser l’arbre, luy mesmes en feit de divises pars, & en sa première force estant eruptie à la première division du tronc, voulut de rechef emploier ses forces, mais elle estoient ia peries, & se trouva si fort enserré dedans l’union arboree qu’il ne les peult ravoir, & la estant sans les pouvoir arracher, luy mesmes fut faict proye aux loups, qui cette nuict pendant que soleil absconsoit misérablement fina ses jours & plusieurs autres graves & prodigieuses sentences, que vostre digne excellence pourra donner ample jugement : & ne y aura deffault nullement, que serons quelques uns, à qui possible ne pourroit nullement imiter la moindre partie de la translation, qui vouldront calomnier quelque mot, que possible leur semblera aliéné à leurs oreilles : mais l’oeuvre à été translatee, selon les exemplaires pour lors que par moy on esté trouvez, que m’a esté possible de recourer jouxte ma faculté, & quant aux nombres qui ont esté tornez des poétes Grecz, ce ne à point esté sans les deux exemplaires Grecz & Latins, & à un d’eulx avant mys nostre surnom, aux lettres supérieures.

Vous plaira doncques, ô tresillustre, treshéroïque, & tresvertueux Seigneur, prendre en gré ce petit & exigüe livret, par moy traduict, petit & exigüe vrayement priant à la magnitude & excelence de vostre cesuree libéralité, qui vous fera congnostre la plus que obeissante servitude que continuellement vous porte, & portera à vostre tremebonde trident, le plus humble & obéissant de voz serviteurs, toute sa vie. De salon ce 17. de Fevrier. 1557.

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CONTRE LES INEPTES

Translateurs. A Monseigneur le

Commandeur de Beynes.

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Dixain.

Qui tournés locques, lasnide,& camisynes,

Le François n’ayme les noms tant pontilheux :

Changeant la langue par telles voix mastines

Non usitées par chemin patilheux.

Vous ravasses en vous termes poilheux,

Laissés cela venés à la fontaine :

Suyvés le droict sentier, & voye plaine,

Que Galen puisse s’entendre en nostre langue,

Nous n’ensuyuons que la commune veyne

Qu’avons changé par une Attique harangue.

Censura ad Lectorem.

Ne putes, amice Lector, hanc Galeni orationem aeditam temere : scito, cum iam compossuissem, antequam aederem me censores huic Opusculo adhibuisse, Manadum, & Ionnem guilelmos, Antonium torquatum, non minus philosophia & eloquio, quam genere gallos : Antonium laurentium, Rolandum berengarimo, Pychmache Ium, & Honoratum castelanum viros latinaelinguae peritissimos, usum praeterea acceriiimo Francisci valerrollae doctissimi arque humanissimi viri iudicio : usum quoque consilio Ioannis Nostradami fratis viri clarissimi.

M. NOSTRADAMUS

C.GALEN de Pergame, après

Hippocrates des Medicins obtenant

le principat exortation, aux

bonnes Artz mesme

ment Medi-

cine

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ASSAVOIR mon les Animaulx que communement sont appellez bestes brutes, il ne nous apert pas assés qu’elles soyent expertes totalement de raison : car par adventure elles n’ont pas toutesfois aussi celle raison, laquelle s’entend entre nous commune selon la voix, que lon nomme enonciative.

Certainement excepté celle que soy prend selon l’ame, laquelle lon nomme raison capable aux affections : elles ont avecques noms tout commun, nonobstant que les unes plus les autres moins.

Mais certes il appert estre trop clair : l’homme en ceste partie anteceler beaucoup plus tous les autres animaulx, ou bien de lui, ou pour le regard de la grande & incompréhensible multitude des Artz, que l’homme cestuy animal s’essaye d’apprendre.

Car le seul homme est capable de science, & l’art laquelle que ce soit parfaitement la vient entendre.

Car certainement tous les autres Animaulx, presque la plus grande part son ignares aux artz : sinon que tu en vueilles excepter quelques uns.

Et si art aucune est en eulz, sont plus tost survenues par nature, que par institution.

En apres il n’est art aucune aux animaulx, que l’homme ne vienne à méditer.

Et quoy l’homme n’a il pas imité les yragnes en l’art de la tissure & de former en terre (en l’ar que se nomme Plastique) n’a il pas imité l’homme les mouches à miel ?

& encores qu’il soit animal terrestre, il n’est pas pourtant ignorant à nouër.

Et n’est pas destitué des divines Artz venant à imiter l’art de Médicine de Aesculapius & Apollo.

En après aussi semblablement toutes les autres artz que à Apollo, c’est à sçavoir tirer à l’arc chanter, diminuer, & quant a ce à une chascune des Muses à peculiere.

Ny aussi n’est point ignare en la géométrie, ne en l’astronomie : mais bien vient à contempler, comme dict Pyndarus, les choses qui sont soubz la terre & celles qui sont dessus les cieulx.

En apres l’industrie l’orne du plus grand bien sur tous, c’est à sçavoir, la philosophie.

Doncques pour ces choses icy (nonobstant que à tous les autres animaulx la raison n’y est pas déffaillante) toutefois l’homme seul est appellé raisonnable pour ce qu’il vient à preferer en pre excellence tous les autres.

Assavoir mon doncques, si ce n’est bien infame cela qui nous est commun avecque les dieux mépriser les autres choses, tenir en soigneuse estude : & les Arts mesprisees, nous mesmes commettre à fortune : de laquelle l’improbité, les ançiens la nous voulons mettre au devant de noz ieulx, premièrement par paincture, en apres par statues la nous representant, ce ne leur estoit pas assez de luy donner forme de femme, toutesfois que c’estoit un assez grand signe de folie : mais il luy donnarent entre les mains, un matz de navire, & lui mirent soubz les pieds un fondement ayant la figure de Sphère : & en après la vont priver de ses ieulx, déclarant merveilleusement bien par cette façon son inconstance.

Doncques tous ainsi comme au navire vehementement agité par maritime tempeste, tant que la navire soit en grand danger, & à celle fin que par orages & fluctuations brisee au profond, ne soit submergee, meschantement feroit qui viendroit commettre le matz au gouverneur aveuglé.

Le viens à opiner semblable à la vie humaine, que en plusieurs maisons ilz se font beaucoup de plus grands naufrages, que ne proviennent des scaphes en la mer, ne jugeroit pas droictement, qui soy mesmes en tant de négoces, & par tout & de tous costez estans & fermes, se viendroit à commettre à la deesse aveuglee, & ne guaires aussi stabile : car elle est tant stupide & en folle & dehors de sens, que souventesfois les gens de bien délaissez, desquelz il estoit necessaire en avoir raison, vient à locupleter les indignes : mais elle ne faict pas cela constantement, mais affin qu’elle en apres vienne à oster, ce qu’elle avoit donné de pareille temerité.

En apres une grande tourbe d’hommes sans erudition, suivant ceste deesse, laquelle ne demeure iamais en un mesme estat, pour la volubilité du fondement, ou base ou elle est mise: lequel l’a conduit puis ça, puis là, & vient à ravir par trebuchement : & bien souvent en la mer, en après la mesmes tous ceulx qui la suivent meurent, mais quoy?

Elle seule eschape non lesee & sans dommaige.

Ce pendant que les autres pleurent, elle rit. & en vain imploroit son ayde & faveur, voyant desia que ne ça ne la, n’ya nulle utilité.

Et véritablement ainsi sont les faictz de Fortune.

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Considere en apres, la diverse forme de Mercure, seigneur de raison & autheur des Artz : laquelle vient à repugner au simulacre de fortune: car il nous fut jadis representé par les anciens.

Premièrement par painctures, & puis par statues, lequel en painct en forme d’un beau adolescent, n’ayant aucune beauté fardee, ou ornee par artifice de perruque: mais bien tout incontinent vient à reluire en sa face une vertu de couraige : car il est d’une face ioyeuse avecques ieulx penetrants, & le fondement la ou il est assis sur toutes les figures, est le plus ferme & n’est point volubile : cestassavoir, partour quarré des quarres, aux quatre angles, tenant aucuneffois. Et le nous représentent de cette figure.

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Tu verras aussi ses culteurs semblablement estre joyeulx, comment celuy qu’ilz suyvent, & ne se complaignent iamais de luy : comme ont de coustume ceulx qui suivent fortune ny le laisse iamais, ne ilz s’esloignent pas d’avecques luy, mais perpetuellement ilz le suivent, & usent de sa providence : Au contraire ceulx qui suyvent la fortune on les peult voir inertes, & indociles aux disciplines : tousiours désirant conduictz par esperance : & quant la deesse vient à courir ilz courent, & quoi ? les un pres, & les autres loin : & les uns aussi dependent de sa main.

Entre tous ceulx icy tu verras Cresus celuy Roy de Lydie, & Policrates Samien, & par adventure tu te viendras à esmerveiller.

Certes de l’autre, & quoy Patrolus à toute son abondance envahit l’or, en apres avec ceulx tu verras Cyrus & Priamus, & Dionisius, vray est que tu les verras, mais non pas à un mesme estat, car Policrates est clavelé à la croix, & puis verras Cresus subjugué à Cyrus, en apres tu verras Cyrus deiecter des autres, & verra Priamus contrict & ferré & Dionisius en Corinthe, que si tu viens à contempler ceulx qui la suyvent de loing, quant elle court, mais toutesfois ilz ne la peuvent pas ensuyvre, certainement tu viendrois hayr grandement ce renc : car la ilz sont en grand nombre de Orateurs, & plusieurs putains & paillardes, & proditeurs des amys, & la font aussi plusieurs homicides & fossoyeurs de monuments, & plusieurs rapace, & plus grand nombre de ceulx qui n’ont onques pardonné aux dieux, & qui les ont pillé par sacrilege, en après à l’autre renc tous les modestes, & les opifices des Arts, lesquelz ne courent ny crient, ne venant à vociferer, ne entre eulx ne viennent à decerter : mais Dieu est au milieu d’eulx, & un chascun compose à son lieu à l’entour de celuy, & ne veulent point abandonner le lieu que Dieu a un chascun a donné, les uns sont proches de Dieu, l’environnant d’un art bien composé : c’estassavoir les Geométriens, l’Arithmétique, le Philosophe, le Medicin, l’Astronome, & le Gramatique : l’autre renc suivent Painctres, Plastres ou Potiers, Escrivains, Orfèvres, architectes, & Lapidaires. Après le troisième ordre suit contenant toutes les autres Artz ainsi par ordre une chacune digeste, toutesfois en façon que tous au Dieu commun tornent les ieulx. pareillement aussi obéissent a ses commandemens, certes tu verras icy une numereuse multitude adherante au dieu, en apres tu regarderas un certain quart ordre, par renc esleu extraordinaire & tiré à part non semblables a ceulx qui accompaignoient Fortune : car le dieu Mercure n’a point accoustumé icy de iuger les tresexcellens, par le moyen de civille dignité, ne par noblesse de sang, ne par opulente richesse : mais bien qui auroient transigé leur vie avec vertu, & aussi que en leurs artz ilz auroient exilé les autres, & aussi qu’ilz auroient obey à ses preceptes, & que legitimement viendroient à exerciter les artz, selon leur vacation : & ceulx la il est honore grandement, & les vient à preferer & mettre devant aux autres, & les à tousjours proches & coniointz de luy : en cest ordre est Socrates, Homerus, Hippocrates, Platon, & telz semblables studieux, lesquelz nous les venons à reverer par equale dignité avecques les dieux, comme certains ministres & affectateur du dieu: nonobstant que nul des autres, ne fut iamais mesprisé du dieu.

Car il n’a pas tant seulement cure & sollicitude de ceulx qui sont à sa présence, mais aussi il est present de ceulx qui navigent, ne les vient destituer par nauphraige.

Aristipus doncques navigant une fois, le navire rompu, il fut ietté par la tempeste au rivaige de Syracuse, premierement il commença de avoir bon couraige, quant il vit sus le sable les lignes de geometrie: car il reputoit à soy-mesmes estre parvenu entre les Grecz & les saiges, & non point entre les hommes Barbares, & après qu’il fut arrivé à l’université de Syracuse, il vint à prononcer ces vers qui s’ensuyvent.

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Qui recevra par don tout maintenant

Vaguant Oedipus banny et exilé :

De son pays ce jour humainement,

Que par nauphrage tout à esté pillé.

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Et eust incontinent qui l’allarent voir & quant ilz eurent cogneu qu’il estoit, tout incontinent luy allarent impartir tout ce qu’il luy estoit necessaire : & en apres luy vindrent quelques uns de son pays de Cyrene, luy vindrent à demander s’il vouloit rien escrire aux siens : commandés leur, dict il, ilz viennent à acquerir richesses, lesquelles apres que la navire est rompue en pièces, qu’ilz viennent à nouer avec le possesseur.

En apres plusieurs misérables, ne faisant autre amas que de richesses, si par fortune ilz cheent en telz affaires, ilz pendent leur or é leur argent au corps, & le mettent à l’entour d’eulx, & tout ensemble perdent leur vie avecques leur trésor : certes ilz ne valent pas tant de reputer entre eulx mesmes, qu’ilz viennent à embrasser, & mutuer cela des bestes brutes, que font ornement des artz : car certainement ilz viennent devant mettre les chevaulx endoctrinés à la bataille, & les chiens aprins doctement à la chasse ilz viennent à preferer aux autres, & mettent soigneuse cure de instituer aux arts ses serviteurs, & bien souvent ilz despendent une grande pecune à les faire apprendre, & eulx mesmes se viennent a mespriser : assavoir mon, s’il ne te semble pas bien deshonneste & infâme ton serviteur estre estimé le prix de dix mille drachmes, & son maistre ne seroit pas estimé une drachme, quoy ie dictz une drague, il ne trouveroit personne qui le voulfist prendre en service pour rien : donc ne sont ilz pas renduz beaucoup plus villes que les autres, ilz n’ont aprins nulle art : & voyant doncques aussi qu’ilz viennent a apprendre les bestes brutes aux exercitations des arts, & un serviteur ignare & en nul art aprins, ilz le viennent à iuger de nul pris digne : mais qu’ilz curent les champs & autres possessions, que s’il est possible que une chacune soit bien bonne, eulx mesmes tous seulz se viennent à mespriser, & qui en est cause, ne ayant intelligence s’ilz ont couraige ou non, il est trop manifestement clair qu’ilz sont semblables au moindre de ses esclaves mesprisés : & affin qu’à tel homme quelcun luy vienne courir sus, & que iustement luy vienne à parler un semblables parolles.

O homme, certainement ta famille se porte tresbien, & tous tes serviteurs & subiectz, tes chevaux, tes chiens, tes champs, & tout ce que tu viens à posseder est bien composé, mais certes toy-mesmes tu es bien peu curieux.

Donc scientifiquement Démosthène & Diogène, de quoy l’un des deux venoit nommer les riches, brebis chargees de toyson d’or, & l’autre disoit estre faictz semblables aux figuiers, arbres estans en lieu pierreux, & sommité des montaignes : car de ses fruictz, non pas les hommes nestre nourris ni alimentez, mais servir pour nourrir temps seulement les corbeaux & les cornilles, tout ainsi leur pécune n’estre point à l’usance des gens de bien, en nulle façon : mais bien estre consommees par les flateurs & assentateurs, lesquelz si ainsi advient qu’il n’y aye plus rien de reste, par adventure ilz rencontre en chemin devant eulx ceulx qu’ilz ont spoliés & taris, ilz passent oultre comme s’ilz ne le cognoissoit point : parquoy on dit qu’ilz sont semblables aux fontaines, car ceux qui ont accoustumé de arrouser des fontaines, & si tout a un coup elles désistent de avoir de l’eau.

Incontinent chez eulx ostez les vestements remettent l’urine, & certainement il me semble chose iuste, que ceulx qui ne sont honnorez que par richesse & qu’ilz soient ensemble spoliés, semblablement spolier ceulx qui avoient & estoient veuz par leurs richesses : mais que feroient ceulx la qui ne possèdent nul bien propre, qui perpetuellement pendent par autrui, & de ceulx qui sont de fortune, mais certes telz sont ceulx qui souvent vendent sa noblesse de presapre, & en apres se voyant estre plaisant a eulx mesmes, le vent les crestes : car iceulx pource que ilz ont faulte de bien propre, ilz se viennent a retirer aux imaiges de leurs maieurs, certes ilz n’entendent pas bien cela, que ceste manière de noblesse de sang le glorifient, est faict a une pièce de monnoye forgee en une cité, que a la cité ou est forgee, a valeur par ceulx qui l’ont institee, & envers les autres est reputee pour fauce & adulatrice.

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Gloire de sang ne t’a hault élevé,

Ne t’a remis en si tresgrand honneur :

Ie ne suis pas icy hault sublevé,

Pour polluer mon sang par deshonneur.

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Tresexcelent doncques, comme dict Platon, est le trésor de ses progeniteurs les vertus, mais beaucoup plus excellent, pouvoir mettre au devant le dict de Sthneus, qui dict.

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Certes nous sommes beaucoup plus excellent

Que n’ont esté nos pères ne aieulx,

En chascun faict mémorables vaillans,

Qu’on voit la gloire luyre devant nos ieulx.

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Car s’il y a toutalement aucune utilité de noblesse a cecy qui vient a enflammer les emulateurs a l’estude propose un exemple domestique, en apres si nous venons a degenerer a la vertu de noz progeniteurs, non sans cause ilz se viennent à fascher grandement, pourveu que s’il y a quelque sens aux defunctz, certes à nous autres il est beaucop plus de deshonneur, d’autant que le sang est plus illustre, certainement les imperites lesquelz sont vehementement de obscure sentence, le gain qu’ilz font est que beaucop de gens ne scavent qu’ilz sont en apres ceulx que l’honneur & la claritude de leur sang ne permet pas d’estre caché, quel autre fruict portent ilz, par leur noblesse, sinon que tant seulement leur infélicité soit plus illustre : ceulx qui n’ont correspondant au genre du lieu ou ilz sont sortis, ils sont beaucoup plus a mespriser que ceulx qui sont issus de lieu obscur, pousons le cas qu’un furieux esventé vienne a prescher la clarté de son genre, qu’il declaire son vice digne, que moins luy doive estre pardonné, car d’une mesme balance nous ne venons pas a estimer ou explorer les hommes plebeyen, que ne faisons ceulx qui sont nays de noblesse : ceulx la encore qu’ilz ne soient ornés que de bien peu de vertu, nous les venons a prouver ce qui est defaillant a leur vertu, & le plus imputant a l’obscurité de son sang.

En apres ceulx qui n’ont rien qui soit digne aux imaiges de ses maieurs, encores qu’ilz soient plus excelens que les autres : toutesfois nous ne les venons pas reverer.

En apres s’il n’y a aucun qui saiche, se viennent a conferer & exercer l’art, par laquelle s’il est noble il se verra estre non indigne de genre, ou sinon il viendra a orner son genre, imitant celuy vieux Thémistocles, quand on luy objecta par contumelie qu’il estoit bastard.

Il dit, je commenceray mon sang a moy, & commencera par moy ma noblesse, mais le tien finera en toy : voiy ie te prie ne avoir esté contre à Anacharsis Scytien, qu’il en soit moins en admiration & soit compté au nombre des saiges, toutesfois qu’il estoit de nation Barbare : Un jour quelcun luy vint par opprobre objecter qu’il estoit de nation Barbare, certes dict il, si la patrie m’est deshonneur, mais tu es le deshonneur de ta patrie, gracieusement retaxant l’homme de soi rien n’estre, ne se venant à glorifier superbement que de sa patrie, que si tu viens attentivement & fixement contempler les affaires des hommes, tu trouveras les hommes non estre faictz illustres, à cause de leur cité : mais au contraire par les hommes de bien & excelents en artz, leur cité avoit esté nobilitee.

Ie te demande quel nom, ou quelle dignité heusse en Stagire, sinon pour cause qu’Aristote y print sa naissance, en apres qu’elle a Solore, sinon par Aratus & Chrisipus fusse survenue, en apres le nom d’Athenes dou est-ce que de tant loin il à prins le nom de son origine, non pas pour la fecondité du terroir,car elle a heu les champs bien peu fertiles : mais le bruit à esté plus pour les hommes que y sont estés nays, dont plusieurs ce pendant qu’ilz sont devenuz gens de bien, ilz vindrent a impartir une portion de leur gloire a leur patrie : mais tu verras evidentement cecy estre verissime, si en toy tu viens reputer Hyperbolus & Cleo, ausquelz la nobilité d’Athenes ne leur profita de rien sinon que leurs malfaictz se venoient rendre plus fameux. Pindarus dict, qu’on nommoit iadis les Boëtiens pourceaux, & en apres

Nous avons fouy le pourceau Boetique.

voulant par poesie toutallement esffacer avec opprobres de telle gent, toute leur ignorance : en apres ne viendroit il pas louer quelcun, celuy legislateur des Atheniens par bon droict, qui deffendit le droict que le pere n’eusse à demander le droict de nourrissement au filz, à qui le pere n’auroit aprins aucune art : voyant mesmement que en ce temps la on venoit à exercer l’art, ou on voyoit les corps tres beaux, dont ce la vint fort en usaige, que pour la forme du corps esmerveillable mesprisoient le couraige. En apres & en venoient à déplorer, disant.

Vienne perir que plus ne me soit veüe,

La belle forme du corps qui m’a perdüe.

Aussi à eulx leur vient à l’entendement le dict Solon, qui commande au commencement de attendre la fin de la vie en apres venant à incuser la vieillesse, & eulx mesmes se devroient incuser. venant à louer Euripides qui dict.

Ne passes pas ce terme si est saige,

Prends la beauté au milieu de l’eâge :

Il est donc requis de louer ceulx qui adiugerent la forme de l’adolescence estre semblable aux fleurs du printemps, comme ayant leur volupté temperaire, & ensemble avoir loué le dict de Lesbia, car qui est beau il est entretant qu’il se voit, & celuy (quel qu’il soit) qui est bon, il sera tout incontinent beau : il fault doncques obeyr à Solon, lequel nous vient à preferer une même sentence.

En après la vieillesse est grandement molesté, comme par la tempeste que tombe sur nous, ne ayant tant seulement besoing d’estre chaulsee & aussi vestue : mais elle a tresgrand besoing de avoir habitation commode & duisible, & plusieurs autres choses lesquelles sont innumerables, contre celuy exemple de gubernateur beaucoup devant, comme s’il se falloit preparer contre la tempeste que nous doit survenir quand cecy est misérable.

Le furieux est set entend l’affaire.

& viens çà, dirois tu que la forme d’un adolescent, laquelle n’est exalté de nulle art estre utile, assavoir mon a la guerre, certes non sans cause, a telz on leur vient à iaculer le dit de Homere diant.

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Ne viens tu pas traicter en ta maison,

Le faict souafue du conjoinct mariage.

Et apres.

Aller chez toy prens chemin par raison,

Faictz convenable, faictz traité comme saige

& n’y rendz aussi.

A Troie vint sur tous autres beau.

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Mais il estoit fort luxurieux, pource Homere ne se souvint de luy, que une fois en raccomtant le nombre des navires, non pas pour autre chose, selon mon opinion, sinon qu’il vînt a declairer, combien sont inutiles les hommes excelens par forme de beauté : toutesfois a telz on y voit rien, ormis la forme, qui viennent conduire a l’usance de la vie, mais quelcun infelice n’aura pas honte de dire, a faire grans amas de richesses, la forme de beauté est beaucoup conduisible, voyant que par la vray sense de la pecune, mesmes la honneste sense, se vient à cumuler fermement par art.

En apres le revenu par la forme corporelle est toujours turpe & infame.

Il fault doncques que l’adolescent iouxte le antique precepte, sa propre forme souvent contempler au mirouer, que s’il se voit de belle face, il faut qu’il soit soigneux que son couraige soit tel, & qu’il estime d’estre vehementement absurde, en un corps formose habiter cœur & couraige difforme, & que s’il se voit que à son corps la forme soit infelice, tant plus se doit il essayer d’avoir le couraige de le cultiver, par vertus que lon puisse objecter le propos Homérique.

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Quand quelcun n’a de corps la belle forme,

Par beau parler le vient Dieu lors orner :

Sa forme laide à bien parler conforme :

Sur luy les ieulx ont fix quant vient parler,

L’on s’esiouist voir sa face de bon aër :

Sans soy faillir il parle comme saige,

D’une couleur naisve à son visaige :

Sus eminent en toute l’assistance,

Que comme Dieu on vient à personnaige :

Voir, quant marcher par la cité s’avance.

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Doncques par cela que nous avons dit, il est tout cler à ceulx qui du tout ne sont alinés de sens, ne par noblesse, ny pour se confier de sa beaulté, n’avoir iamais esté mespriser les estudes des artz, & toutesfois ces choses estoient assez suffisantes.

Toutesfois ie viendrois à opiner qu’il fust esté meilleur chanter, celuy beau chant de diverses chansons de Diogenes, lequel une fois qu’il fut convié en un convive, à un quidam lequel toutes les choses qu’il possedoit il les avoit nitidées & instruictes d’une exalte providence, & de luy il n’en avoit aucune cure craichant, retenant le crachat en la bouche, comme s’il le eusse voulu ietter : & quant il eust regardé par tout, il ne veit lieu la ou il puisse cracher, mais il va à craicher sur le Seigneur de la maison.

Le maitre voyant ce, il fut grandement indigné, & luy pria de luy dire pour quelle cause il faisoit cela ?

Il respondit, qu’il ne avoit veu en toute la maison rien plus sordide & tant neglect, comme il estoit : car toutes les murailles estoient aornees de fort egregieuse painctures & le pavé estoit consigné de precieuses teffele carrees, à une chascune ayant l’imaige des dieux gravee, toute sa vaisselle estoit pure & nette, & les couvertures des lictz, & les lictz mesmes estoient elaborez d’un beau & riche artifice, tant seulement on pouvoit voir le Seigneur negligent & sans cure : car un chascun à de coustume de cracher au lieu le plus deshonneste que l’on saiche en la maison.

Parquoy, ô jeune adolescent, ne viens pas appareiller ne commettre digne, que on te vienne getter sur le crachat, encores que lon voye tout le reste estre beau, certes il est bien rare de ioyr universellement de toutes ces choses, & que tu soies semblablement noble, riche, & bien beau.

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Si cas advenant toutes ces choses adviennent ensemble, toutesfois il seroit absurde, toy seul entre toutes tes facultez voir qu’on te crachast dessus.

Faictes doncques, ô enfans quiconques soiez qui escoutez mon oraison, à congnoistre les artz et votre couraige y appliquer : affin que iamais nul seducteur & homme ignare ne vous vienne à apprendre aucunes artz inutiles & meschantes, saichant que nulle art quelle que ce soit, nous venant aporter à la vie aucune utilité.

Le suis seur qu’il m’est bien persuadé, que des autres vous y regardés bien perspective ment, que telles artz soient dignes de nom, comme ietter les dez, cheminer par-dessus une corde prime, & soy virer subitement en girouette : ne considerant cependant ce qu’il advint à Mirmecrades l’Athenien, & à Callicrates Lacedemonien, tant grand exercices gymnastique & athletique. Ie viens à craindre ne promettant comme force de corps &t conciliant gloire envers le commun populaire, aussi envers les maieurs honorez par diurne largitions de pecune, & estre reputé en tel semblable pris, avec les tresprestantissimes Artz, vienne à decevoir quelque adolescent & que la le seduise, vouldras qu’il vint a preferer & mettre au devant en cestuy art, parquoy il vault mieulx contre ces choses estre premedité & preparé : car un chascun est failli facilement aux choses lesquelles ne sont premeditees, certainement, ô enfans, l’espece des hommes à une certaine communion avec les dieux, ce pendant qu’il use de raison avec les animaulx, il est mortel.

Doncques il est meilleur, affin que les couraiges adiectés à meilleure partie par communion nous ayons cure de erudition. Laquelle quant l’aurons attaincte, nous aurons le souverain bien qu’il appartient aux bons, & si par l’opposite nous ne l’ayons pas attaincte, toutefois nous n’aurons pas honte de ce nom, que nous sommes faictz inférieurs aux bestes bruttes ignavissimes, mais l’exercitation athletique du corps, si elle ne parvient selon l’affectant est turpissime, & si elle provient grandement, toutesfois elle n’est moins digne de louange que les bruttes animaulx.

Ie vous demande qui est plus robuste que les Lyons, ou les Eléphans ? ou qui est plus veloce que le lièvre ? mais qui ne scait les Dieux mesmes n’estre loués par autre chose, fors que par les Artz controuees ? en telle forte & pour l’invention desquelles nous avons honnoré les hommes de supresmes & divines honneurs : non pas pour avoir bien couru aus stades : ne pour avoir ietté adroittement le plat : mais pour les artz controuees. Esculapius & Bacchus ou iadis au commencement furent hommes ou Dieux, certainement ilz ont merités souverains honneurs.

L’un pour avoir monstré l’art de mediciner.

L’autre pour nous avoir aprins la raison de cultiver les vignes.

Et si tu ne me veulx croire, certes l’authorité du Dieu Pithius te viendra à esmouvoir.

C’est ce Pithius mesmes qui prononça Socrates, entre tous les hommes estre le plus saige, disant, & parlant à Lycurgus en ceste mode le vient à saluer.

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Tu es venu Lycurge, ou roi louable,

A mon tresriche et honorable temple :

A Jupiter aymé est agréable.

Et comprins hault sus l’Olimpe si ample.

Si tu es Dieu ou homme ie contemple,

O Roy Lycurge la tienne déité

I’espère bien que ton sainct front et temple

Sera faict Dieu plain de divinité.

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Ce Pythius mesmes en après à esté veu ne porter guieres moins d’honneur, & avoir heu à Archilocus mort.

Car quant celuy qui l’avoit tué voulut entrer dans son temple, il luy deffendit d’entrer, diant.

Qui en mon temple entrer dedans souhaite

Ny entre poinct meurtrier du clair Poète.

Maintenant viens moy a raconter ces honorables batteries athletiques honnorees, par ses tiltres, mais tu ne le feras car tu n’as rien que dire, sinon que par adventure tu viendras a mespriser le tesmoing, comme indigne pour estre creu.

Certes il me semble que tu veuz demonstrer quelque cas, alors que tu viens ton sermon referer, au tesmoignage du commun populaire : & nous viens a obiecter la louange d’eulx.

Et toutesfois je sçay assez, ne travaillant d’aucune maladie tu le viens a commettre au populaire, mais de tous esleuz bien peu aucuns, mesmes a ceulx qui sont tresexpert en l’art de medicine, ne ceulx qui navigent a plusieurs, mais a un gubernateur.

Finalement aux choses moindres, si tu viens a croire le charpentier, si tu as besoing de soliers le cordonnier, donc qui est la cause de la ou est le danger des choses souveraines, tu te viens a vendiquer la puissance de juger, ostant cela a ceulx qui scavent plus que toy, car pour le point ie laisse a faire mention les dieux, escoute que dict Euripides de Athletes.

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Maulx infinis sont par toute la Grèce,

Nul mal n’est pire d’Athlète l’espèce :

Premier ceulx la guiere bien ne conseillent

Dans leur maison ne à leur profit ne veillent

Premier quant est permis prevoir cest estre

Mais dictes moy comme pourroit cognoistre,

Richesse acquerre le serf en la personne,

Qui à la gueule est au ventre s’adonne :

Qu’il puisse vivre en sa maison sans soing

Ne peult apres de son bien grand besoing :

De ses fortunes ne se soubtient content,

Car qui apres à esté en tout temps :

Par coustume en façons bien honnestes,

Souvent se tornent en les artz déshonnêtes

Affin desia que tu entendes & le tout, l’estude desquelz ceulx icy sont tenuz n’avoit rien de bon, escoutes donc encores une foys s’il te plaist qu’il dict.

L’homme vaillant heureusement versé

Agille aux pieds, legier en la palestre :

Ou bien getter le plat au trou persé,

Et bien à droit sur tous poincts le voir estre

Tresbien les coups de son homme cognoistre,

Par tous les faictz vient vaincre sa partie

Vient raporter comme vaillant est dextre

Couronne aquise d’honneur en sa patrie.

Que si tu desire de oyr parolles plus expresses, escoute ce que derechef il dict.

Assavoir mon si on viendra prelire,

Par Mars ouvert contre ses ennemis,

Par main que plat vient getter est plier,

Ou par aspic vibret il sera mis :

Des pieds legiers la n’y sera commis,

Nul sur ma foy pour bien le vray deduire

Toutes ses choses sont bien vaines ormis,

Lors que le fer commencera de luire.

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Assavoir mon si nous viendrons à reciter Euripides, & tous les autres de telle fatine, mais nous permettront aux Philosophes le droit de iuger : mais aussi bien d’avantaige par les conseilz de tous eulx, venant à damner comme s’ilz parloient tous d’une bouche, l’art de telz, & si fort l’on damnée que nul des medicins en aucune part ne la viens prouver. Premièrement tu orras Hippocrates disant, affection Athlétique n’est pas selon nature, meilleur est l’habitude salubre : ainsi mesmes ont persuadé les plus souverains medicins, lesquelz ont ensuivy l’eage de Hippocrates : certainement ie ne vouldrois pas le iugement a prendre des témoings, car cela est plus propre a l’Orateur, que a l’homme envers lequel la vérité est en grand pris : toutesfois pource que quelques uns se viennent rendre à la multitude des témoings, & de la ilz viennent à capter une vaine gloire, ny aussi n’ont cure de l’exercice des choses estranges ny les considerer.

Ie suis contrainct icy obiecter les tesmoings, afin qu’ilz entendent n’estre les supérieurs de nous : parquoy il ne m’a pas veu estre intempestive de commemorer ce que feit Phryna.

Laquelle fut conviée en un banquet, ou il se faisoit un jeu à plaisir, que l’un commandoit à l’autre ce qu’il vouloit, adonc elle voyant plusieurs femmes a sa présence qui estoient fardees de ceruse & de orcanette, comme demies painctes, elle commande se faire apporter de l’eau, & incontinent leur commanda de mettre leurs mains en l’eau, & puis laver leur face : puis tout incontinent les feit bien essuyer d’un linge, & elle commença premierement à ce faire.

Incontinent à toutes les autres femmes leurs faces estoient plaines de tasches : si tu les heusses veu, tu heusses dict voir certaines imaiges faictes par artifice à la terreur comme masques, mais Phryne estre plus belle, que au paravant, car elle seule n’avoir aucune beaulté par artifice, mais elle avoit une tresbelle forme nayve, ne ayant point besoing de mauvaises artz, quant a la commendation de la forme, tout ainsi comme la vraye pulchritude, se vient a explorer toute seulle par foy, expoliee de toutes choses accidentelles par dehors.

Ainsi l’exercitation Athletique convient estre despendue seulle, assavoir mon si lon voit qu’elle puisse apporter quelque utilité, ou publiquement aux cités, ou priveement a ceulx qui l’exercent : doncques veu que premièrement sont variés les espèces de biens, que naturellement nous avons, comme quoy ?

ce que apartient au couraige, au corps, aux choses exterieures, ne ormis cela nulle espece de biens ne se peult nullement excogitter à un chascun, cela est trop clair, que ceulx qui exercent l’athletique, les biens de l’ame en sommeil ilz n’ont attaint, veu que toutallement ilz ignorent cela, a scavoir s’ilz ont ame ou non, ilz en sont bien loing de cognoistre qu’elle soit participante de raison, voyant que toujours il assemble a force chair & sang, ilz ont l’ame fort submergee en grande boue : afin que exactement ne se puisse entendre, vray est que telle ame n’est moins stupide que celle des bestes bruttes, & par adventure les Athletes viendront contendre, comme conferant aucunement aux biens du corps.

Ie te demande doncques, ilz se attribueront la bonne valetude, que rien n’est plus precieulx : certes tu ne trouveras autres affections plus dangereuses au corps.

Si foy est donnee à Hipocrates, qui dict, la souveraine bonne habitude du corps estre dangereuse, laquelle ceulx icy affectent.

Aussi il dict, que l’exercitation de la santé est de ne soy saouler de viandes, mais en tout estre agile est loué de tout : ceulx icy font le contraire quant ilz travaillent oultre mesure, & aussi ilz se remplissent oultre coustume, en somme ilz méprisent de celuy vieux Hippocrates le sermon, comme surprins de fureur corybante : car il demonstre que raison de vie doit estre accommodee, pour la protection de la bonne valetude, il dict labeurs, viandes, boire, dormir, & tout moderé.

Ceulx icy tous les iours se exercitent en labeurs desordonnement, & souvent se viennent à ingurgiter de viandes, & par violence proferent la sumption de la viande jusques à minuict, & quelcun leur vient à getter cela que dit Homere.

Le comment peuple est hommes repousoient,

Par doulx sommeil surprins (toute la nuict)

Les grans seigneurs aussi trestous dormoient,

Le corps par somme ne prenoit nul ennuict

Le mordicant sommeil il donnoit deduict,

L’homme assoupi par sommeil amiable :

Et nuls sommeil n’avoit encore induict,

Les malheureux Athlètes misérables.

Tout semblablement comme ilz sont aux viandes & aux labeurs, ilz viennent à moderer le sommeil : car au temps que les autres vivent selon nature, venant de l’œuvre & demandant viandes, apres ilz se saoulent de dormir, afin que leur vie soit semblable aux porceaux, sinon que les porceaux ne travaillent pas oultre mesure, & ne sont constans à manger, mais ceulx icy en endurant cela sont entachés des taches de Rododaphnes.

Adonc celuy presque Hippocrates oblie ce qui a esté dit, & adiouste cecy, vehementement & subitement remplir le corps, ou le vuider, ou le chauffer, ou le refrigerer, ou le esmouvoir en quelque autre moyen que ce soit, est fort périlleux, car tout, dict il, qui est vehement est ennemi de nature, mais ceulx icy ne veulent rien escouter a les parolles ne à nulz autres, que venant à transgresser les dictz avec ce, mais plutost usent de tours qui repugnent avec les préceptes.

Parquoy certes ie dirois cest exercitation non estre convenable à la bonne valétude, mais plutost accerser maladies, car si je ne suis failli, Hippocrates y consent, quant il dict.

Affection Athletique n’est pas selon nature, mais l’habitude salubre est meilleure.

Par ces dictz, tant seulement il n’a pas manifestement nié leur exercitation estre naturelle, mais aussi leur habitude à appelee affection, les voulans expolier de l’honneur du nom, lequel tous les anciens ont de coustume de appeler homme, ceulx qui seroient de bonne valetude : car habitude est certaine affection stabile & perpetuelle.

Au contraire l’habitude de Athletes, sortie iusques a son dernier poinct, les biens du corps, en apres elle est subiecte en peril, puis facilement elle est muable au contraire, car elle ne vient à recevoir accession, pource qu’elle vient iusques a la summité ou elle est parvenue, & pour cela que elle ne peult concister en un mesme estat, il ne reste rien sinon qu’elle se vienne à convertir en deterieure : & veritablement cependant qu’ilz exercent l’athletique leur corps est en estat.

En après s’il advient qu’ilz desistent de l’exercice, ilz trouvent beaucoup plus pire, car les uns après quelque peu viennent a mourir & les autres vivent davantaige, certes ilz ne parviennent pas iusques a la vieillesse, & si quelque fois aucun d’eulx y provient, qu’ilz ne different en rien à celles Lites homériques boiteuses, ridees, chassieuses, & privees des ieulx.

Car tout ainsi comme les parties d’une muraille des murs d’une ville sont concassees & battues par tourmens, pour peu de dommaige qu’il leur survienne elles tombent facilement, ne mouvement de terre, ne nul autre gravier insulte ne peuvent souffrir, tous les corps de Athlètes sont corrompuz & faictz imbecilles, par lez pluyes & naureures qu’elles ont recues en exerciceant, & facilement sont lezees par bien legiere occasion qui leur survienne.

En après a plusieurs les ieulx sont caves ou fossoyés,quant desfia la force de resister est deffaillie, sont remplis de flegme, & leurs dentz son labefres par la frequente concution, & par la succession du temps destituees de vertu, ilz descheent facilement : en apres la simmetrie compacte des membres, comme le plus souvent sont tortues & se rendent invalides, ne toute violence que survient par dehors, & tout ce que à esté rompu, ou contrainctement retiré, facilement se vient à esmouvoir : quant a ce que appartient à la bonne valétude. Il est trop clair, nul genre est plus misérable que des Athletes, parquoy non sans cause s’ilz sont notez d’un genereux surnom dictz Athletes, ou qu’ilz ayent le surnom Athlioi, c’est a dire miserable, ou que tous deux communement soient nommez Athliotetes, c’est a dire misere, comme ayant sorty le surnom d’une terre.

Doncques puis que nous avons traicté le souverain, lequel est entre les biens du corps, & quoy ?

de la bonne valetude : maintenant passons oultre au reste, affin que non tant seulement l’exercitation Athlétique ne vient à rien conférer a la beaulté, parquoy aussi plusieurs de ceux icy, qui sont composez de corps merveilleusement bien, & les gymnastes qui les avoient en cure, les saginant oultre mesure, & les inférieurs de chair & de sang, ilz les viennent à remettre en diverse espèce de corps, aussi d’une face difforme, & toutallement estrange & salle le vient rendre, mesmes ceulx la qu’ilz avoient instituez à la batterie des poingtz : en apres depuis qu’ilz ont bien leurs membres rompus & distors, ou bien parfondrés les ieulx, par la il appert manifestement le grand fruict qu’ilz ont de telle art : ainsi leur affaire vieny à succeder tresbien tandys qu’ilz sont sains, quant à la commodité de la forme.

Incontinent qu’ilz desisteront de exercer ensemble les autres organes du corps viennent perir, & tous les membres comme j’ay dict, distors, ilz ne rendent bien difforme, par adventure rien de tout ce qu’a ia esté dict, mais ilz se attribueront robeur & force, car ie scay assez qu’ilz diront cecy.

Cela appartient granddement à tel affaire, mais par les dieux quelle force, ou à quoy utile ? assavoir mon si point à l’agricolation, donc tresbien fouir, messoner, ou quelque autre chose semblable qui apartienne à l’agricolation, mais par adventure elle à la chose bellique viens donc oyr encores ce que dict Euripides, lequel vient à chanter leurs grandes louanges.

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Bis. Euripidi tribuit Galenus.

Ne viendra lon donner l’aspre bataille,

Ou faire guerre comme ennemis par main :

Sus platz pourtans ne fraperont de taille,

Tout cela n’est pour fraper que cas vain :

Rien pourroit il des piedz l’agil est sain,

A deschasser ennemis des cites :

De tout cela ne sont que vanités,

A mon advis nulz seroient excités,

Mesmes quant bien tous ces gens ie connois :

Vain feutz tout quant à la vérité,

Si lon voyoit par lors luyre l’harnois.

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En apres contre la froidure & chaleur ilz sont valides quand a ce, imitant Hercules, que tant en Yver comme en Esté, ilz sont couvers d’une peau & deschausez, perpetuellement dormant la nuict au serain, couchant en terre, car en toutes ces choses les enfans nouvellement nays sont plus imbecilles.

Doncques par quelle cause viendroient ilz manifester la similitude de leur force, & ou seront a eulx agreables & dresser leurs crestes : certainement non pas bien a cecy que les cordonniers, les charpentiers qui sont edificateur de maisons les delecterent en la palestre, ou aux stades, il pourroit bien estre que en cecy que tout le iour en venant a susciter la pouldre & soit veautrer, ilz jugeront droictement se pouvoir faire, & digne de louanges : vray est que cette louange est plustost aux cailles & aux perdris.

S’il est donc dict qu’ils levent leurs crestes, & qu’ilz se lavent tout le jour de fange. Mais dy moi par Iupiter, celuy Millo Croctonales, iadis il porta par une stade sur ses espaules, un des toureaux immoles : ô memorable demence de ceulx qui n’entendent pas cecy, que un peu auparavant, l’ame auroit porté le corps de l’animal vif, certes il porta de beaucoup plus moindre labeur que Millo, car il pouvoit courir quant il le portoit, toutesfois celle n’estoit de nul pris, non plus que celle ame de Millo : mais la fin de tel homme declara qu’il n’avoit point d’entendement.

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Une fois il regardoit un ieune adolescent, qui avecques des coingz fendoit des arbres, il le feit oster de la en se mocquant de luy, & luy ne usa point d’autres instrumens que de ses propres mains, il deduisit le boys en pieces, car toute la force qu’il avoit il l’employa au premier effort, tant qu’il vint deduire & diviser le bois l’une une partie de l’arbre ça & l’autre la, & ce pendant les coingz tomberent avec l’autre partie de l’arbre il ne peult diviser : certes longuement il se essaya, à la fin il se trouva vaincu, & n’eust plus de puissance de extraire ses mains, mais par les deux parties du tronc conioinctement reserrees, ses mains premièrement furent comprises & puis brisees, & apres furent cause de la miserable fin de Millo.

Donques il luy profita beaucoup en cecy, car il n’eusse souffert aucun mal, avoir pourté par une stade le taureau mort : assavoir mon, si on ce temps la il heusse peu conserver la Grecque republique, par lors qu’ilz faisoient guerre contre les Barbares, la force de Millo, laquelle il declaira en pourtant le taureau, plutost que la sapience de Thermistocles : lequel premièrement d’un droict indice, vint à deprehender la sentence de l’oracle : en apres il vint à conduyre la bataille comment il falloit car un conseil unique prudent, vient à superer beaucoup de mains.

En apres l’usance avec armes, est pire que nul autre mal, certes ie pense desia estre perspicuement declairé, l’exercitation athletique ne sauroit conferer aucune utilité aux iunctions de la vie.

Aussi ilz ne soient d’aucun pris à ceulx par qui sont exercés : vous le congnoistrez si ie vous raconte celle fable, qu’un certain homme bien elegantement la aornee, par prolixes carmes : mais la fable est de telle façon.

S’il advenoit que par la volonté de Iupiter, a tous les animaux advinse un consentement & une societé de vanité tout ensemble, afin que en Olympe le crient, non pas tant seulement les hommes vinssent au pris appeler : mais qu’il permist a tous les animaux trestous venir a un moment. Ie croy que nul homme ne seroit couronné mesmes à une certaineté, qu’il se vient à estendre iusques à vingt & trois stades, qu’ilz nomment Olichon, dict le cheval le surmontera beaucoup plus en plus bref cours, mais qu’il ne soit pas plus loing d’une stade de lievre emportera le pris.

En après au diavle la où le cours & recours vient à duplicquer l’estade, le dain premier emportera les ioyes : bref nul des hommes n’est pas pour estre mis au nombre !

O miserables hommes, combien sont legieres voz exercitations & est bien davantaige, que nul apres l’eage de Hercules ne se monstrera plus robuste, que un Eléphant, ou un Lion, & ie le pense bien, veu que le taureau emporteroit la couronne à la batterie pugile, aussi il dict, que si l’asne veulx contendre des talons, il emportera la couronne, & sera escripte de variable evenement, que l’asne au pancrace auroit vaincu les hommes : mais cela estoit du temps de la vingtuniesme Olimpiade, quant l’asne crioit d’avoir vaincu. Ceste fable vient à declairer la force Athlétique ne estre du nombre de celles qu’il fault que les hommes se exercent : mais les Athletes sans force antecelent les animaulx. Par quelle façon se viendront ilz à vendiquer des autres biens, que si lcun disoit la volupté du corps estre nombree avec les biens, certes il n’est pas assez suffisant, ne durant qu’ilz l’exercent, ne aussi apres l’exercitation : car quant ilz exercent l’Athletique, ilz vivent en travail & en miseres, non pas tant seulement pour l’exercice, mais pource qu’ilz sont contrains à edacité, que s’il advient qu’ilz prennent mission de l’art, plusieurz se font de leur corps boiteux & débiles.

Dont par adventure ilz s’en glorifient, pource que sur tous les autres ilz font grand amas de pecune & autres biens : toutesfois on les peult voir estre tenuz & obligés par debies d’argent qu’ilz doivent : tu ne scaurois trouver un Athlète plus riche d’un poil, que le vilagois d’un homme riche : combien que cela ne soit trop honneste de amasser richesses par telle art, il seroit beaucoup mieux scavoir telle art que le navire rompu, qui vient à nouer au nauphraige de la mer avec le maistre : Cela n’adevient pas à ceulx qui procurent les négoces des riches, ne au publicains, ne aux negociateurs, & toutesfois ceulx icy s’enrichissent par leurs artz.

En apres si leur pecune se viens à perdre, aussi se perd leur negociasion, de laquelle ilz ont onoré de leur pecune par quelque fort, car si cela leur fault, ilz ne peuvent restaurer leur pristine negociation : & si quelcun vient estudier pour soy apareiller pecune, l’art est pour estre exercée, permanente par toute la vie, aussi voyant que les artz se distribuent par la premiere division en double discrime : car les aucunes constent de raison & sont liberales & honnestes, des autres sont contemptibles qui conslent de labeur de corps, qu’on nomme sedentaires & mains ouvrieres, mais il seroit requis d’apprendre quelcune de celles premières.

Doncques il fault estire quelcune art & y exercer la jeunesse, de qui l’entendement ne soit pas toutallement brutal, ou bien la meilleure, laquelle selon mon iugement est l’art de mediciner mais cecy nous sera apres demonstré.

Fin.

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3 – NOSTRADAMUS , LA LETTRE A C. GALIEN : VERSION MODERNISEE

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Ami lecteur,

Cette version est modernisée, d’une lecture un peu plus accessible, tout en suivant, au plus près, la version originale.

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Paraphrase de C.

GALIEN, sur l’exhortation de Ménodote, aux études des

bons Arts, même de Médecine :

Traduit de Latin en

Français, par Michel

Nostradamus.

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A LYON,

chez Antoine du Rhône.

1557

DE LA STATUE DE GALIEN,

TRADUIT DU GREC.

Huitain.

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Le temps était quand la terre engendra,

L’homme mortel, par sa science infuse :

Quand l’art iactrice Barbare s’effondrera,

Le grand Galien qui lors était confuse.

Terre immortels nourrissait, quand diffuse

Était sa faim, est la porte damnable :

D’Enfer vidée, par art des mains qu’il use

Par sa doctrine iactrice tant louable.

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A TRÈS HAUT, TRÈS ILLUSTRE,

Très magnanime, et très héroïque Seigneur monseigneur

 le Baron de la Garde, Chevalier de l’ordre du Roi,

Amiral des mers de levant, Michel de

Nostredame son très humble et obéissant

serviteur, baisant la main droite de

son trident, envoie salut

et félicité.

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Dans un premier temps, que les lettres commencèrent de pulluler, ô très illustre et très héroïque Seigneur, fut une coutume, et depuis par plusieurs siècles passés est venu en tel suprême degré d’augmentation, et depuis observée : que ceux qui par moyen de leur continuelles vigiles, venaient mettre en lumière quelque cas nouveau compris par le labeur des lettres, qui fut digne d’être lu : ou bien aussi si quelqu’un par moyen de son industrie venait à susciter quelque œuvre par plusieurs siècles déjà passés par l’injure du temps éteinte, ou presque du tout suffoquée, ils venaient longuement à préméditer à qui premièrement on viendrait à consacrer leurs œuvres : tellement qu’ils venaient à choisir le personnage et leur dédier, qui en pussent faire ample jugement, ou bien à leurs plus proches amis le consacrer, que tous aussi fussent unanimes à le défendre de la calomnie des envieux, et aussi que par le point principal, par la splendeur et renommée de leur nom, donnassent à l’œuvre, et au fait suscité plus grand crédit et réputation, et que par meilleur droit et digne raison puisse être soutenue et vivifié : car il n’y a celui qui tant soit hébété de sens, qu’il ne confesse que le nom d’immortalité et de louange sempiternelle, ne doivent être conservée au Seigneur et patron, à qui le monument de l’ œuvre (pour exigüe qu’elle soit) a été consacré, s’il était requis, outre l’ennui de conférer les très grands faits aux très infimes.

Valère le grand a consacré son œuvre, non moins admirable que mémorable, à Tiberius Caesar, qui succéda après Auguste, et Plines voulut consacrer ses divines œuvres à Vespasien Empereur, et Martial à Domitien, puis à Nerva et innumérables autres, et si j’oserais attester, qu’il n’est possible qu’on puisse dénier, que les susdits Empereurs ne soient étés beaucoup plus célèbres, par moyen de la renommée de ceux qui ont consacré telles œuvres à leurs majestés, et si nous ne pouvons bonnement savoir s’il est possible : assavoir mon, si l’on peut donner plus grande célébrité de nom, plus grand honneur, plus grande gloire, ne faire cas plus digne de grande excellence que celle qui se vient proclamer par l’étude de bonnes lettres, ou par les livres.

Combien que si petit opuscule ne requiert si grand, encore je ne doute point que en ce monde où tous sommes relégués, se puisse trouver rien qui soit plus digne, ni plus précieux que les bonnes lettres, et aussi le bien, l’honneur, et la gloire que par moyen des disciplines l’homme vient atteindre et poursuivre, rien ne peut être plus noble par l’univers, ni plus honnête, que quand tout est conclu, il n’y a rien en ce monde qui doivent ni aussi se puisse préférer à l’immortalité, que aux vaillants et stémistes capitaines, tant au fait terrestre que maritime est préparé, que révoluant longuement votre digne excellence combien par moyen de votre trident avez conservé, non tant seulement l’universelle classe gauloise : mais aussi combien vous est redevable la bonne maritime des mers de levant, que les habitants d’iceux sont étés des ravisseurs Barbares pirates délivrez et soutenus, s’il est requis, ô illustre Seigneur, hors toute assolution adulatrice, combien de fois avait été envoyé par les très chrétiens Rois de France, en ambassade devers le grand monarque, qui obtient l’Empire par la plupart de l’Europe, par tout l’Asie, et l’Afrique tellement que votre légation a été de si félice et heureuse prospérité, que non tant seulement d’homme vivant en l’univers, ni aussi de plusieurs siècles passés, n’a échu à l’homme vivant d’avoir conduit l’innumérable armée de mer, sortie des plus profondes stations, tant d’Afrique que de l’Asie, voler aux Pacifiques ondes de la mer Méditerranée, et aussi plusieurs et semblable prouesses accomplies par votre magnanimité, et non moins avez étendu votre immortelle renommée par votre terrible trident aux Orientales mers : mais avez fait trembler les habitants des vagues du grand Océan : tant que la renommée en est jusques aux cieux, que si aux opinions du vieillard Taciturne, de l’île de Samos, prenons signe de foi, avez suscité l’âme jadis du grand Neptune, de qui de droit, ô très héroïque Seigneur les armes vous appartiennent : et tiens par une assurance que ce a été votre excellence, qui a parachevé la prophétie de l’écrit de la Sibylle, qui n’a guère a été trouvé dans plus profonds abimes de l’Occident, proche des colonnes d’Hercules.

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Voluentur faxa litteris et ordine recris,

Cum videas Occident et Orientis opes :

Ganges indus, tagus, erit mutabile visu,

Merces commutabit suas vterq ; sibi.

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Voici la traduction proposée par Patrice GUINARD dans son site du CURA :

« Les repères (sacrés) seront déroulés en lettres droites et (remis) en ordre,
Afin que tu voies aussi, Occident, les richesses de l’Orient :
Du Gange indien au Tage on verra des bouleversements,
Quand ils échangeront leurs biens chacun de leur côté. »

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Donc, ô héroïque Seigneur, étant certain de votre érudition navale, foi, probité, et valeureuse magnitude, j’ai librement pris cette téméraire audace, vous offrir ce petit opuscule de C. Galien, déjà longtemps traduit en langue française, intitulé la Paraphrase de C. Galien de Pergame, sur l’oraison de Ménodote, aussi auteur grec, qu’il a fait et composé aux études des bonnes Arts mêmement Médecine : et combien que soit exigüe, mais presque ayant une officine de Vulcain, remplie de tout genre d’artifice, œuvre presque dissemblable aux immesurées labeurs de l’auteurs, et entremêlée de plusieurs histoires antiques, et apophtegmes, avec plusieurs vers, tant héroïques que tragiques.

J’ai voulu choisir celui-ci, et je ne dis les causes par quoi, la ost compris une certaine description de la fortune occasionnelle, autrement et au vrai décrite que n’est par les écrivains du siècle passé, mêmes de ceux qui premièrement ont inventé la description d’icelle, que plusieurs se pourront spéculer dedans, comme au parfait miroir d’expérience : avec la description de l’histoire du Grand Milo crotoniales, que onques ne se trouva homme plus robuste que lui, que ainsi qu’on lit, il empoignait une pomme grande en sa main, et ne trouva jamais homme en son temps qui la lui sut arracher des mains, et nonobstant les violences faites pour l’ouverture, la pomme était encore toute saine et entière : après en Olympe de pyse il porta sur son dos un taureau tout vif, par le long de l’estade, qui sont la longueur de six cens pieds d’Hercules d’une seule haleine, puis le déchargeant lui donna un coup de poing entre les deux cornes qu’il le tua, et guère ne tarda qu’il ne l’eut dévoré : mais vraiment après avoir raconté les vaillances de ce géant durant son principal soleil levant, certainement proche de son midi sa fin fut bien misérable, que après avoir fendu par la violence de ses mains, méprisant le jouvenceau qui avec des coings venait à diviser l’arbre, lui-même en fait de divises parts, et en sa première force étant éruptive à la première division du tronc, voulut derechef employer ses forces, mais elles étaient déjà péries, et se trouva si fort enserré dedans l’union arborée qu’il ne les put ravoir, et là étant sans les pouvoir arracher, lui-même fut fait proie aux loups, qui cette nuit pendant que le soleil s’absconsait misérablement termina ses jours et plusieurs autres graves et prodigieuses sentences, que votre digne excellence pourra donner ample jugement : et il n’y aura défaut nullement, que serons quelques uns, à qui possible ne pourrait nullement imiter la moindre partie de la translation, qui voudront calomnier quelque mot, que possible leur semblera aliéné à leurs oreilles : mais l’œuvre a été translatée, selon les exemplaires pour lors que par moi ont été trouvés, que m’a été possible de recourir jouxte ma faculté, et quand aux nombres qui ont été tournés des poètes Grecs, ce ni a point été sans les deux exemplaires Grecs et Latins, et à un d’eux avant mis notre surnom, aux lettres supérieures.

Vous plaira donc, ô très illustre, très héroïque, et très vertueux Seigneur, prendre en gré ce petit et exigüe livret, par moi traduit, petit et exigüe vraiment priant à la magnitude et excellence de votre césurée libéralité, qui vous fera connaitre la plus que obéissante servitude que continuellement vous porte, et portera à votre terrible trident, le plus humble et obéissant de vos serviteurs, toute sa vie. De salon ce 17. de Février. 1557.

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CONTRE LES INEPTES

Translateurs. A Monseigneur le

Commandeur de Beynes.

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Dixain.

Qui tournés locques, lasnide,et camisynes,

Le François n’aime les noms tant pointilleux :

Changeant la langue par telles voix matines

Non usitées par chemin patilheux.

Vous ravassez en vous termes poilheux,

Laissez cela venez à la fontaine :

Suivez le droit sentier, et voie plaine,

Que Galien puisse s’entendre en notre langue,

Nous n’ensuivons que la commune veine

Qu’avons changé par une Attique harangue.

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Censura ad Lectorem.

Ne putes, amice Lector, hanc Galeni orationem aeditam temere : scito, cum déjàm compossuissem, antequam aederem me censores huic Opusculo adhibuisse, Manadum, et Ionnem guilelmos, Antonium torquatum, non minus philosophdéjà et eloquio, quam genere gallos : Antonium laurentium, Rolandum berengarimo, Pychmache Ium, et Honoratum castelanum viros latinaelinguae peritissimos, usum praeterea acceriiimo Francisci valerrollae doctissimi arque humanissimi viri iudicio : usum quoque consilio Ioannis Nostradami fratis viri clarissimi.

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M. NOSTRADAMUS

C.GALIEN de Pergame, après

Hippocrate des Médecins obtenant

le principat exhortation, aux

bons Arts mêmement

Médecine

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ASSAVOIR mon les Animaux que communément sont appelés bêtes brutes, il ne nous appert pas assez qu’elles soient expertes totalement de raison : car par aventure elles n’ont pas toutefois aussi celle raison, laquelle s’entend entre nous commune selon la voix, que l’on nomme énonciative.

Certainement excepté celle que soi prend selon l’âme, laquelle l’on nomme raison capable aux affections : elles ont avec noms tout commun, nonobstant que les unes plus les autres moins.

Mais certes il appert être trop clair : l’homme en cette partie l’emporte beaucoup plus tous les autres animaux, ou bien de lui, ou pour le regard de la grande et incompréhensible multitude des Arts, que l’homme celui animal s’essaye d’apprendre.

Car le seul homme est capable de science, et l’art laquelle que ce sait parfaitement la vient entendre.

Car certainement tous les autres Animaux, presque la plus grande part son ignares aux arts : sinon que tu en veuilles excepter quelques uns.

Et si art aucune est en eux, sont plus tôt survenues par nature, que par institution.

Ensuite il n’est art aucune aux animaux, que l’homme ne vienne à méditer.

Et quoi l’homme n’a il pas imité les araignées en l’art de la tissure et de former en terre (en l’art que se nomme Plastique) n’a il pas imité l’homme les mouches à miel ?

Et encore qu’il sait animal terrestre, il n’est pas pourtant ignorant à nouer.

Et n’est pas destitué des divines Arts venant à imiter l’art de Médecine de Aesculapius et Apollo.

En après aussi semblablement toutes les autres arts que a Apollo, c’est à savoir tirer à l’arc, chanter, diminuer, et quant à ce a une chacune des Muses à pécuniaire.

Ni aussi n’est point ignare en la géométrie, ni en l’astronomie : mais bien vient à contempler, comme dit Pindare, les choses qui sont sous la terre et celles qui sont dessus les cieux.

Ensuite l’industrie l’orne du plus grand bien sur tous, c’est à savoir, la philosophie.

Donc pour ces choses ici (nonobstant que à tous les autres animaux la raison n’y est pas défaillante) toutefois l’homme seul est appelé raisonnable pour ce qu’il vient à préférer en pré excellence tous les autres.

Assavoir mon donc, si ce n’est bien infâme cela qui nous est commun avec les dieux mépriser les autres choses, tenir en soigneuse étude : et les Arts méprisés, nous mêmes commettre à fortune : de laquelle l’improbité, les anciens la nous voulons mettre au devant de nos yeux, premièrement par peinture, ensuite par statues la nous représentant, ce ne leur était pas assez de lui donner forme de femme, toutefois que c’était un assez grand signe de folie : mais ils lui donnèrent entre les mains, un mât de navire, et lui mirent sous les pieds un fondement ayant la figure de Sphère : et en suite la vont priver de ses yeux, déclarant merveilleusement bien par cette façon son inconstance.

Donc tous ainsi comme au navire véhémentement agité par maritime tempête, tant que le navire soit en grand danger, et à celle fin que par orages et fluctuations brisée au profond, ne soit submergée, méchamment ferait qui viendrait commettre le mât au gouverneur aveuglé.

Je viens à opiner semblable à la vie humaine, que en plusieurs maisons ils se font beaucoup de plus grands naufrages, que ne proviennent des bateaux en la mer, ne jugerait pas droitement, qui soi-même en tant de négoces, et par tout et de tous cotés étant et fermes, se viendrait à commettre à la déesse aveuglée, et ne guère aussi stabile : car elle est tant stupide et en folle et dehors de sens, que souventes fois les gens de bien délaissez, desquels il était nécessaire en avoir raison, vient à enrichir les indignes : mais elle ne fait pas cela constamment, mais afin qu’elle ensuite vienne à ôter, ce qu’elle avait donné de pareille témérité.

Ensuite une grande tourbe d’hommes sans érudition, suivant cette déesse, laquelle ne demeure jamais en un même état, pour la volubilité du fondement, ou base où elle est mise: lequel l’a conduit puis ça, puis là, et vient à ravir par trébuchement : et bien souvent en la mer, en suite la même tous ceux qui la suivent meurent, mais quoi?

Elle seule échappe non lésée et sans dommage.

Ce pendant que les autres pleurent, elle rit.

Et en vain implorait son arde et faveur, voyant déjà que ne ça ne la, n’y a nulle utilité. Et véritablement ainsi sont les faits de Fortune.

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Considère ensuite, la diverse forme de Mercure, seigneur de raison et auteur des Arts : laquelle vient à répugner au simulacre de fortune: car il nous fut jadis représenté par les anciens.

Premièrement par peintures, et puis par statues, lequel on peint en forme d’un beau adolescent, n’ayant aucune beauté fardée, ou ornée par artifice de perruque: mais bien tout incontinent vient à reluire en sa face une vertu de courage : car il est d’une face joyeuse avec yeux pénétrants, et le fondement là où il est assis sur toutes les figures, est le plus ferme et n’est point volubile : c’est assavoir, par tour quarré des quarrés, aux quatre angles, tenant aucune fois.

Et le nous représentent de cette figure.

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Tu verras aussi ses culteurs semblablement être joyeux, comment celui qu’ils suivent, et ne se complaignent jamais de lui : comme ont de coutume ceux qui suivent fortune n’y le laisse jamais, ni ils s’éloignent pas d’avec lui, mais perpétuellement ils le suivent, et usent de sa providence : Au contraire ceux qui suivent la fortune on les peut voir inertes, et indociles aux disciplines : toujours désirant conduits par espérance : et quand la déesse vient à courir ils courent, et quoi ?

Les un près, et les autres loin : et les uns aussi dépendent de sa main.

Entre tous ceux ici tu verras Crésus celui Roy de Lydie, et Polycrate Samien, et par aventure tu te viendras à émerveiller.

Certes de l’autre, et quoi Patrolus à toute son abondance envahit l’or, ensuite avec ceux tu verras Cyrus et Priam, et Dyonisius, vrai est que tu les verras, mais non pas à un même état, car Policrate est clavelé à la croix, et puis verras Crésus subjugué à Cyrus, ensuite tu verras Cyrus déjecter des autres, et verra Priam contrit et ferré et Dyonisius en Corinthe, que si tu viens à contempler ceux qui la suivent de loin, quand elle court, mais toutefois ils ne la peuvent pas ensuivre, certainement tu viendrais haïr grandement ce rang : car là ils sont en grand nombre de Orateurs, et plusieurs putains et paillardes, et profiteurs des amis, et là font aussi plusieurs homicides et fossoyeurs de monuments, et plusieurs rapaces, et plus grand nombre de ceux qui n’ont onques pardonné aux dieux, et qui les ont pillé par sacrilège, en suite à l’autre rang tous les modestes, et les ouvriers des Arts, lesquels ni courent ni crient, ni venant à vociférer, ni entre eux ni viennent à combattre : mais Dieu est au milieu d’eux, et un chacun compose à son lieu à l’entour de celui, et ne veulent point abandonner le lieu que Dieu a un chacun a donné, les uns sont proches de Dieu, l’environnant d’un art bien composé : c’est assavoir les Géométriciens, l’Arithmétique, le Philosophe, le Médecin, l’Astronome, et le Grammairien : l’autre rang suivent Peintres, Plâtriers ou Potiers, Ecrivains, Orfèvres, architectes, et Lapidaires.

Après le troisième ordre suit contenant toutes les autres Arts ainsi par ordre une chacune digeste, toutefois en façon que tous au Dieu commun tournent les yeux. pareillement aussi obéissent à ses commandements, certes tu verras ici une nombreuse multitude adhérente au dieu, ensuite tu regarderas un certain quart ordre, par rang élu extraordinaire et tiré à part non semblables à ceux qui accompagnaient Fortune : car le dieu Mercure n’a point accoutumé ici de juger les très excellents, par le moyen de civile dignité, ni par noblesse de sang, ni par opulente richesse : mais bien qui auraient transigé leur vie avec vertu, et aussi que en leurs arts ils auraient exilé les autres, et aussi qu’ils auraient obéi à ses préceptes, et que légitimement viendraient à exercer les arts, selon leur vacation : et ceux là il est honore grandement, et les vient à préférer et mettre devant aux autres, et les a toujours proches et conjoints de lui : en cet ordre est Socrate, Homère, Hippocrate, Platon, et tels semblables studieux, lesquels nous les venons à révérer par égale dignité avec les dieux, comme certains ministres et affectataire du dieu: nonobstant que nul des autres, ne fut jamais méprisé du dieu.

Car il n’a pas tant seulement cure et sollicitude de ceux qui sont à sa présence, mais aussi il est présent de ceux qui naviguent, ni les vient destituer par naufrage.

Aristippe donc navigant une fois, le navire rompu, il fut jeté par la tempête au rivage de Syracuse, premièrement il commença de avoir bon courage, quand il vit sur le sable les lignes de géométrie: car il réputait à soi-même être parvenu entre les Grecs et les sages, et non point entre les hommes Barbares, et après qu’il fut arrivé à l’université de Syracuse, il vint à prononcer ces vers qui s’ensuivent.

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Qui recevra par don tout maintenant

Vaguant Oedipe banni et exilé :

De son pays ce jour humainement,

Que par naufrage tout a été pillé.

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Et eut incontinent qui l’allèrent voir et quand ils eurent connu qu’il était, tout incontinent lui allèrent impartir tout ce qu’il lui était nécessaire : et ensuite lui vinrent quelques uns de son pays de Cyrène, lui vinrent à demander s’il voulait rien écrire aux siens : commandez leur, dit il, ils viennent à acquérir richesses, lesquelles après que le navire est rompu en pièces, qu’ils viennent à nouer avec le possesseur.

Ensuite plusieurs misérables, ne faisant autre amas que de richesses, si par fortune ils chèrent en tels affaires, ils pendent leur or et leur argent au corps, et le mettent à l’entour d’eux, et tout ensemble perdent leur vie avec leur trésor : certes ils ne valent pas tant de réputer entre eux-mêmes, qu’ils viennent à embrasser, et muter cela des bêtes brutes, que font ornement des arts : car certainement ils viennent devant mettre les chevaux endoctrinés à la bataille, et les chiens appris doctement à la chasse ils viennent à préférer aux autres, et mettent soigneuse cure de instituer aux arts ses serviteurs, et bien souvent ils dépendent une grande pécune à les faire apprendre, et eux-mêmes se viennent a mépriser : assavoir mon, s’il ne te semble pas bien déshonnête et infâme ton serviteur être estimé le prix de dix mille drachmes, et son maître ne serait pas estimé une drachme, quoi je dit une drague, il ne trouverait personne qui le vous fit prendre en service pour rien : donc ne sont ils pas rendus beaucoup plus vils que les autres, ils n’ont appris nulle art : et voyant donc aussi qu’ils viennent à apprendre les bêtes brutes aux exercices des arts, et un serviteur ignare et en nul art appris, ils le viennent à juger de nul pris digne : mais qu’ils curent les champs et autres possessions, que s’il est possible que une chacune sait bien bonne, eux-mêmes tous ceux se viennent à mépriser, et qui en est cause, n’ayant intelligence s’ils ont courage ou non, il est trop manifestement clair qu’ils sont semblables au moindre de ses esclaves méprisés : et afin qu’à tel homme quelqu’un lui vienne courir dessus, et que justement lui vienne à parler un semblables paroles.

O homme, certainement ta famille se porte très bien, et tous tes serviteurs et sujets, tes chevaux, tes chiens, tes champs, et tout ce que tu viens à posséder est bien composé, mais certes toi-même tu es bien peu curieux.

Donc scientifiquement Démosthène et Diogène, de quoi l’un des deux venait nommer les riches, brebis chargées de toison d’or, et l’autre disait être faits semblables aux figuiers, arbres étant en lieux pierreux, et sommité des montagnes : car de ses fruits, non pas les hommes n’être nourris ni alimentés, mais servir pour nourrir tant seulement les corbeaux et les corneilles, tout ainsi leur pécune n’être point à l’usance des gens de bien, en nulle façon : mais bien être consommées par les flatteurs et flagorneurs, lesquels si ainsi advient qu’il n’y ait plus rien de reste, par aventure ils rencontre en chemin devant eux ceux qu’ils ont spoliés et taris, ils passent outre comme s’ils ne le connaissait point : par quoi on dit qu’ils sont semblables aux fontaines, car ceux qui ont accoutumé d’arroser des fontaines, et si tout à un coup elles désistent de avoir de l’eau.

Incontinent chez eux ôtez les vêtements remettent l’urine, et certainement il me semble chose juste, que ceux qui ne sont honorés que par richesse et qu’ils soient ensemble spoliés, semblablement spolier ceux qui avaient et étaient vus par leurs richesses : mais que feraient ceux-là qui ne possèdent nul bien propre, qui perpétuellement dépendent par autrui, et de ceux qui sont de fortune, mais certes tels sont ceux qui souvent vendent sa noblesse de naissance, et ensuite se voyant être plaisant à eux-mêmes, le vent les crêtes : car iceux pour ce que ils ont faute de bien propre, ils se viennent a retirer aux images de leurs majeurs, certes ils n’entendent pas bien cela, que cette manière de noblesse de sang le glorifient, est fait à une pièce de monnaie forgée en une cité, que a la cité où est forgée, a valeur par ceux qui l’ont instituée, et envers les autres est réputée pour fausse et adulatrice.

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Gloire de sang ne t’a haut élevé,

Ne t’a remis en si très grand honneur :

Je ne suis pas ici haut surélevé,

Pour polluer mon sang par déshonneur.

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Très excellent donc, comme dit Platon, est le trésor de ses pro-géniteurs les vertus, mais beaucoup plus excellent, pouvoir mettre au devant le dit de Sthènes, qui dit.

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Certes nous sommes beaucoup plus excellents

Que n’ont été nos pères ni aïeux,

En chacun fait mémorables vaillants,

Qu’on voit la gloire luire devant nos yeux.

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Car s’il y a totalement aucune utilité de noblesse à ceci qui vient à enflammer les émulateurs à l’étude propose un exemple domestique, ensuite si nous venons à dégénérer à la vertu de nos pro-géniteurs, non sans cause ils se viennent à fâcher grandement, pourvu que s’il y a quelque sens aux défunts, certes à nous autres il est beaucoup plus de déshonneur, d’autant que le sang est plus illustre, certainement les impérities lesquels sont véhémentement de obscure sentence, le gain qu’ils font est que beaucoup de gens ne savent qu’ils sont ensuite ceux que l’honneur et la clarté de leur sang ne permet pas d’être caché, quel autre fruit portent-t-ils, par leur noblesse, sinon que tant seulement leur infélicité soit plus illustre : ceux qui n’ont correspondant au genre du lieu où ils sont sortis, ils sont beaucoup plus à mépriser que ceux qui sont issus de lieu obscur, poussons le cas qu’un furieux éventé vienne à prêcher la clarté de son genre, qu’il déclare son vice digne, que moins lui doive être pardonné, car d’une même balance nous ne venons pas à estimer ou explorer les hommes plébéiens, que ne faisons ceux qui sont nés de noblesse : ceux-là encore qu’ils ne soient ornés que de bien peu de vertu, nous les venons à prouver ce qui est défaillant à leur vertu, et le plus imputant à l’obscurité de son sang.

Ensuite ceux qui n’ont rien qui soit digne aux images de ses majeurs, encore qu’ils soient plus excellents que les autres : toutefois nous ne les venons pas révérer. Ensuite s’il n’y a aucun qui sache, se viennent à conférer et exercer l’art, par laquelle s’il est noble il se verra être non indigne de genre, ou sinon il viendra à orner son genre, imitant celui vieux Thémistocle, quand on lui objecta par affront qu’il était bâtard.

Il dit, je commencerai mon sang à moi, et commencera par moi ma noblesse, mais le tien finira en toi : vois je te prie ne avoir été contre à Anacharsis Scytien, qu’il en soit moins en admiration et soit compté au nombre des sages, toutefois qu’il était de nation Barbare : Un jour quelqu’un lui vint par opprobre objecter qu’il était de nation Barbare, certes dit-il, si la patrie m’est déshonneur, mais tu es le déshonneur de ta patrie, gracieusement re-taxant l’homme de soi rien n’être, ne se venant à glorifier superbement que de sa patrie, que si tu viens attentivement et fixement contempler les affaires des hommes, tu trouveras les hommes non être faits illustres, à cause de leur cité : mais au contraire par les hommes de bien et excellents en arts, leur cité avait été noblesse.

Je te demande quel nom, ou quelle dignité eusse en Stagire, sinon pour cause qu’Aristote y prit sa naissance, ensuite qu’elle a Solore, sinon par Aratus et Chrisipus fusse survenue, ensuite le nom d’Athènes d’où est-ce que de tant loin il a pris le nom de son origine, non pas pour la fécondité du terroir, car elle a eu les champs bien peu fertiles : mais le bruit a été plus pour les hommes que y sont étés nés, dont plusieurs ce pendant qu’ils sont devenus gens de bien, ils vinrent à impartir une portion de leur gloire à leur patrie : mais tu verras évidement ceci être très vrai, si en toi tu viens réputer Hyperboles et Clio, auxquels la noblesse d’Athènes ne leur profita de rien sinon que leurs mauvais faits se venaient rendre plus fameux. Pindare dit, qu’on nommait jadis les Boétiens pourceaux, et ensuite

Nous avons foui le pourceau Bétique.

voulant par poésie totalement effacer avec opprobres de telle gent, toute leur ignorance : ensuite ne viendrait-il pas louer quelqu’un, celui législateur des Athéniens par bon droit, qui défendit le droit que le père n’eusse à demander le droit de nourrir au fils, à qui le père n’aurait appris aucune art : voyant mêmement que en ce temps-là on venait à exercer l’art, ou on voyait les corps très beaux, dont cela vint fort en usage, que pour la forme du corps qui émerveille méprisaient le courage.

Ensuite et en venaient à déplorer, disant.

Vienne périr que plus ne me sait vue,

La belle forme du corps qui m’a perdue.

Aussi à eux leur vient à l’entendement le dit Solon, qui commande au commencement de attendre la fin de la vie ensuite venant à accuser la vieillesse, et eux-mêmes se devraient accuser.

Venant à louer Euripide qui dit.

Ne passez pas ce terme si est sage,

Prends la beauté au milieu de l’âge :

Il est donc requis de louer ceux qui adjugèrent la forme de l’adolescence être semblable aux fleurs du printemps, comme ayant leur volupté temporaire, et ensemble avoir loué le dit de Lesbien, car qui est beau il est normal qu’il se voit, et celui (quel qu’il soit) qui est bon, il sera tout incontinent beau : il faut donc obéir à Solon, lequel nous vient à préférer une même sentence.

Ensuite la vieillesse est grandement molestée, comme par la tempête qui tombe sur nous, n’ayant tant seulement besoin d’être chaussée et aussi vêtue : mais elle a très grand besoin d’avoir habitation commode et convenable, et plusieurs autres choses lesquelles sont innumérables, contre celui exemple de gubernateur beaucoup devant, comme s’il se fallait préparer contre la tempête qui nous doit survenir quand ceci est misérable.

Le furieux est set entend l’affaire.

et viens çà, dirais tu que la forme d’un adolescent, laquelle n’est exaltée de nulle art être utile, assavoir mon à la guerre, certes non sans cause, à tels on leur vient à éjaculer le dit de Homère disant.

Ne viens tu pas traiter en ta maison,

Le fait suave du conjoint mariage.

Et après.

Aller chez toi prends chemin par raison,

Faits convenable, faits traité comme sage

et n’y rends aussi.

A Troie vint sur tous autres beaux.

Mais il était fort luxurieux, pour ce Homère ne se souvint de lui, qu’une fois en racontant le nombre des navires, non pas pour autre chose, selon mon opinion, sinon qu’il vînt à déclarer, combien sont inutiles les hommes excellents par forme de beauté : toutefois à tels on y voit rien, hormis la forme, qui viennent conduire à l’usance de la vie, mais quelqu’un infélice n’aura pas honte de dire, à faire grands amas de richesses, la forme de beauté est beaucoup conduisible, voyant que par le vrai sens de la pécune, même l’honnête sens, se vient à cumuler fermement par art.

Ensuite le revenu par la forme corporelle est toujours laid et infâme.

Il faut donc que l’adolescent jouxte l’antique précepte, sa propre forme souvent contempler au miroir, que s’il se voit de belle face, il faut qu’il soit soigneux que son courage soit tel, et qu’il estime d’être véhémentement absurde, en un corps beau habiter cœur et courage difforme, et que s’il se voit qu’à son corps la forme soit disgracieuse, tant plus se doit il essayer d’avoir le courage de le cultiver, par vertus que l’on puisse objecter le propos Homérique.

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Quand quelqu’un n’a de corps la belle forme,

Par beau parler le vient Dieu lors orner :

Sa forme laide à bien parler conforme :

Sur lui les yeux ont fixe quand vient parler,

L’on se réjouit voir sa face de bon air :

Sans soi faillir il parle comme sage,

D’une couleur naïve à son visage :

Sur éminent en toute l’assistance,

Que comme Dieu on vient à personnage :

Voir, quand marcher par la cité s’avance.

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Donc par cela que nous avons dit, il est tout clair à ceux qui du tout ne sont aliénés de sens, ni par noblesse, ni pour se confier de sa beauté, n’avoir jamais été mépriser les études des arts, et toutefois ces choses étaient assez suffisantes.

Toutefois je viendrais à opiner qu’il fut été meilleur chanter, celui beau chant de diverses chansons de Diogène, lequel une fois qu’il fut convié en un convive, à un quidam lequel toutes les choses qu’il possédait il les avait améliorées et instruites d’une exalte providence, et de lui il n’en avait aucune cure crachant, retenant le crachat en la bouche, comme s’il le eusse voulu jeter : et quand il eut regardé par tout, il ne vit lieu là où il puisse cracher, mais il va à cracher sur le Seigneur de la maison.

Le maitre voyant ce, il fut grandement indigné, et lui pria de lui dire pour quelle cause il faisait cela ?

il répondit, qu’il ne avait vu en toute la maison rien plus sordide et tant négligé, comme il était : car toutes les murailles étaient ornées de fort excellentes peintures et le pavé était consigné de précieux carreaux carrées, à une chacune ayant l’image des dieux gravée, toute sa vaisselle était pure et nette, et les couvertures des lits, et les lits mêmes étaient élaborés d’un beau et riche artifice, tant seulement on pouvait voir le Seigneur négligeant et sans cure : car un chacun a de coutume de cracher au lieu le plus déshonnête que l’on sache en la maison.

Par quoi, ô jeune adolescent, ne vient pas appareiller ni commettre digne, qu’on te vienne jeter sur le crachat, encore que l’on voit tout le reste être beau, certes il est bien rare de jouir universellement de toutes ces choses, et que tu sois semblablement noble, riche, et bien beau.

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Si cas advenant toutes ces choses adviennent ensemble, toutefois il serait absurde, toi seul entre toutes tes facultés voir qu’on te crachats dessus.

Faites donc, ô enfants quiconque soyez qui écoutez mon oraison, à connaitre les arts et votre courage y appliquer : afin que jamais nul séducteur et homme ignare ne vous vienne à apprendre aucunes arts inutiles et méchantes, sachant que nul art quel que ce soit, nous venant apporter à la vie aucune utilité.

Je suis sûr qu’il m’est bien persuadé, que des autres vous y regardez bien perspectivement, que tels arts soient dignes de nom, comme jeter les dés, cheminer par-dessus une corde prime, et soi virer subitement en girouette : ne considérant cependant ce qu’il advint à Mirmecrades l’Athénien, et à Callicratès Lacédémonien, tant grand exercices gymnastique et athlétique.

Je viens à craindre ne promettant comme force de corps et conciliant gloire envers le commun populaire, aussi envers les majeurs honorés par diurne largesse de pécune, et être réputé en tel semblable pris, avec les très excellents Arts, vienne à décevoir quelque adolescent et que là le séduise, voudras qu’il vint à préférer et mettre au devant en celui art, par quoi il vaut mieux contre ces choses être prémédité et préparé : car un chacun est failli facilement aux choses lesquelles ne sont préméditées, certainement, ô enfants, l’espèce des hommes à une certaine communion avec les dieux, ce pendant qu’il use de raison avec les animaux, il est mortel.

Donc il est meilleur, afin que les courages adjectés à meilleure partie par communion nous ayons cure de érudition.

Laquelle quand l’aurons atteinte, nous aurons le souverain bien qu’il appartient aux bons, et si par l’opposite nous ne l’ayons pas atteinte, toutefois nous n’aurons pas honte de ce nom, que nous sommes faits inférieurs aux bêtes brutes ignarissimes, mais l’exercice athlétique du corps, si elle ne parvient selon l’affectant est affreux, et si elle provient grandement, toutefois elle n’est moins digne de louange que les brutes animaux.

Je vous demande qui est plus robuste que les Lyons, ou les Eléphants ? Ou qui est plus véloce que le lièvre ?

Mais qui ne sait les Dieux mêmes n’être loués par autre chose, forts que par les Arts controuées ?

En telle forte et pour l’invention desquelles nous avons honoré les hommes de suprêmes et divines honneurs : non pas pour avoir bien couru aux stades : ni pour avoir jeté adroitement le plat : mais pour les arts controuées.

Esculapes et Bacchus ou jadis au commencement furent hommes ou Dieux, certainement ils ont mérité souverains honneurs.

L’un pour avoir montré l’art de la médecine.

L’autre pour nous avoir appris la raison de cultiver les vignes.

Et si tu ne me veux croire, certes l’autorité du Dieu Pithius te viendra à émouvoir.

C’est ce Pithius mêmes qui prononça Socrate, entre tous les hommes être le plus sage, disant, et parlant à Lycurgue en cette mode le vient à saluer.

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Tu es venu Lycurgue, ou roi louable,

A mon très riche et honorable temple :

A Jupiter aimé est agréable.

Et compris haut sur l’Olympe si ample.

Si tu es Dieu ou homme je contemple,

O Roy Lycurgue la tienne déité

J’espère bien que ton saint front et temple

Sera fait Dieu plain de divinité.

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Ce Pythius même ensuite a été vu ne porter guère moins d’honneur, et avoir eu à Archiloque mort.

Car quand celui qui l’avait tué voulut entrer dans son temple, il lui défendit d’entrer, disant.

Qui en mon temple entrer dedans souhaite

Ni entre point meurtrier du clair Poète.

Maintenant viens moi à raconter ces honorables batteries athlétiques honorées, par ses titres, mais tu ne le feras car tu n’as rien que dire, sinon que par aventure tu viendras à mépriser le témoin, comme indigne pour être cru.

Certes il me semble que tu veux démontrer quelque cas, alors que tu viens ton sermon référer, au témoignage du commun populaire : et nous viens à objecter la louange d’eux.

Et toutefois je sais assez, ne travaillant d’aucune maladie tu le viens à commettre au populaire, mais de tous élus bien peu aucuns, même à ceux qui sont très expert en l’art de médecine, ne ceux qui naviguent à plusieurs, mais à un gubernateur.

Finalement aux choses moindres, si tu viens à croire le charpentier, si tu as besoin de souliers le cordonnier, donc qui est la cause de là où est le danger des choses souveraines, tu te viens à revendiquer la puissance de juger, ôtant cela à ceux qui savent plus que toi, car pour le point je laisse à faire mention les dieux, écoute que dit Euripide de Athlètes.

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Maux infinis sont par toute la Grèce,

Nul mal n’est pire d’Athlète l’espèce :

Premier ceux la guère bien ne conseillent

Dans leur maison ne à leur profit ne veillent

Premier quand est permis prévoir c’est être

Mais dites moi comme pourrait connaitre,

Richesse acquiert le serf en la personne,

Qui à la gueule est au ventre s’adonne :

Qu’il puisse vivre en sa maison sans soin

Ne peut après de son bien grand besoin :

De ses fortunes ne se soutient content,

Car qui après à été en tout temps :

Par coutume en façons bien honnêtes,

Souvent se tournent en les arts déshonnêtes

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Afin déjà que tu entendes et le tout, l’étude desquels ceux ici sont tenus n’avait rien de bon, écoutes donc encore une fois s’il te plait qu’il dit.

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L’homme vaillant heureusement versé

Agile aux pieds, léger en la palêtre :

Ou bien jeter le plat au trou percé,

Et bien à droit sur tous points le voir être

Très bien les coups de son homme connaitre,

Par tous les faits vient vaincre sa partie

Vient rapporter comme vaillant est dextre

Couronne acquise d’honneur en sa patrie.

Que si tu désires de ouïr paroles plus expresses, écoute ce que derechef il dit.

Assavoir mon si on viendra prélire,

Par Mars ouvert contre ses ennemis,

Par main que plat vient jeter est plier,

Ou par aspic vibret il sera mis :

Des pieds légers là n’y sera commis,

Nul sur ma foi pour bien le vrai déduire

Toutes ses choses sont bien vaines hormis,

Lors que le fer commencera de luire.

Assavoir mon si nous viendrons à réciter Euripide, et tous les autres de telle parole, mais nous permettront aux Philosophes le droit de juger : mais aussi bien d’avantage par les conseils de tous eux, venant à damner comme s’ils parlaient tous d’une bouche, l’art de tels, et si fort l’on damnée que nul des médecins en aucune part ne la viens prouver.

Premièrement tu auras Hippocrate disant, affection Athlétique n’est pas selon nature, meilleur est l’habitude salubre : ainsi mêmes ont persuadé les plus souverains médecins, lesquels ont ensuivi l’âge de Hippocrate : certainement je ne voudrais pas le jugement à prendre des témoins, car cela est plus propre à l’Orateur, que a l’homme envers lequel la vérité est en grand prix : toutefois pour ce que quelques uns se viennent rendre à la multitude des témoins, et de là ils viennent à capter une vaine gloire, ni aussi n’ont cure de l’exercice des choses étranges ni les considérer.

Je suis contraint ici objecter les témoins, afin qu’ils entendent n’être les supérieurs de nous : par quoi il ne m’a pas vu être intempestive de commémorer ce que fait Phryne.

Laquelle fut conviée en un banquet, ou il se faisait un jeu à plaisir, que l’un commandait à l’autre ce qu’il voulait, adonc elle voyant plusieurs femmes en sa présence qui étaient fardées de céruse et de orcanette, comme demies peintes, elle commande se faire apporter de l’eau, et incontinent leur commanda de mettre leurs mains en l’eau, et puis laver leur face : puis tout incontinent les fait bien essuyer d’un linge, et elle commença premièrement à ce faire.

Incontinent à toutes les autres femmes leurs faces étaient pleines de taches : si tu les eusses vu, tu eusses dit voir certaines images faites par artifice à la terreur comme masques, mais Phryne être plus belle, qu’auparavant, car elle seule n’avoir aucune beauté par artifice, mais elle avait une très belle forme naïve, n’ayant point besoin de mauvaises arts, quand à la commendement de la forme, tout ainsi comme la vraie beauté, se vient à explorer toute seule par foi, exfoliée de toutes choses accidentelles par dehors.

Ainsi l’exercice Athlétique convient être dépendue seule, assavoir mon si l’on voit qu’elle puisse apporter quelque utilité, ou publiquement aux cités, ou de manière privée à ceux qui l’exercent : donc vu que premièrement sont variés les espèces de biens, que naturellement nous avons, comme quoi ?

Ce qui appartient au courage, au corps, aux choses extérieures, ni hormis cela nulle espèce de biens ne se peut nullement excogiter à un chacun, cela est trop clair, que ceux qui exercent l’athlétique, les biens de l’âme en sommeil ils n’ont atteint, vu que totalement ils ignorent cela, à savoir s’ils ont âme ou non, ils en sont bien loin de connaître qu’elle soit participante de raison, voyant que toujours il assemble à force chair et sang, ils ont l’âme fort submergée en grande boue : afin que exactement ne se puisse entendre, vrai est que telle âme n’est moins stupide que celle des bêtes brutes, et par aventure les Athlètes viendront contendre, comme conférant aucunement aux biens du corps.

Je te demande donc, ils s’attribueront la bonne santé, que rien n’est plus précieux : certes tu ne trouveras autres affections plus dangereuses au corps.

Si foi est donnée à Hippocrate, qui dit, la souveraine bonne habitude du corps être dangereuse, laquelle ceux ici affectent.

Aussi il dit, que l’exercice de la santé est de ne soi saouler de viandes, mais en tout être agile est loué de tout : ceux ici font le contraire quand ils travaillent outre mesure, et aussi ils se remplissent outre coutume, en somme ils méprisent de celui vieux Hippocrate le sermon, comme surpris de fureur corybante : car il démontre que raison de vie doit être accommodée, pour la protection de la bonne santé, il dit labeurs, viandes, boire, dormir, et tout modéré.

Ceux ici tous les jours s’exercent en labeurs désordonnément, et souvent se viennent à ingurgiter de viandes, et par violence profèrent l’absorption de la viande jusques à minuit, et quelqu’un leur vient à jeter cela que dit Homère.

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Le comment peuple est hommes repoussaient,

Par doux sommeil surpris (toute la nuit)

Les grands seigneurs aussi très tous dormaient,

Le corps par somme ne prenait nul ennui

Le mordicant sommeil il donnait déduit,

L’homme assoupi par sommeil amiable :

Et nul sommeil n’avait encore induit,

Les malheureux Athlètes misérables.

Tout semblablement comme ils sont aux viandes et aux labeurs, ils viennent à modérer le sommeil : car au temps que les autres vivent selon nature, venant de l’œuvre et demandant viandes, après ils se saoulent de dormir, afin que leur vie soit semblable aux pourceaux, sinon que les pourceaux ne travaillent pas outre mesure, et ne sont constants à manger, mais ceux ici en endurant cela sont entachés des taches de Rododaphnes.

Adonc celui presque Hippocrate oublie ce qui a été dit, et ajuste ceci, véhémentement et subitement remplir le corps, ou le vider, ou le chauffer, ou le réfrigérer, ou l’émouvoir en quelque autre moyen que ce soit, est fort périlleux, car tout, dit-il, qui est véhément est ennemi de nature, mais ceux ici ne veulent rien écouter à les paroles ni à nuls autres, que venant à transgresser les dits avec ce, mais plutôt usent de tours qui répugnent avec les préceptes.

Par quoi certes je dirais cet exercice non être convenable à la bonne santé, mais plutôt fait venir maladies, car si je ne suis failli, Hippocrate y consent, quand il dit.

Affection Athlétique n’est pas selon nature, mais l’habitude salubre est meilleure.

Par ces dits, tant seulement il n’a pas manifestement nié leur exercice être naturelle, mais aussi leur habitude à appelée affection, les voulant spolier de l’honneur du nom, lequel tous les anciens ont de coutume d’appeler homme, ceux qui seraient de bonne santé : car habitude est certaine affection stabile et perpétuelle.

Au contraire l’habitude de Athlètes, sortie jusques à son dernier point, les biens du corps, ensuite elle est sujette en péril, puis facilement elle est muable au contraire, car elle ne vient à recevoir accession, pour ce qu’elle vient jusques à la sommité où elle est parvenue, et pour cela que elle ne peut consister en un même état, il ne reste rien sinon qu’elle se vienne à convertir en détérioré : et véritablement cependant qu’ils exercent l’athlétique leur corps est en état.

En après s’il advient qu’ils désistent de l’exercice, ils trouvent beaucoup plus pire, car les uns après quelque peu viennent à mourir et les autres vivent davantage, certes ils ne parviennent pas jusques à la vieillesse, et si quelque fois aucun d’eux y provient, qu’ils ne différent en rien à celles Lites homériques boiteuses, ridées, chassieuses, et privées des yeux.

Car tout ainsi comme les parties d’une muraille des murs d’une ville sont concassées et battues par tourments, pour peu de dommage qu’il leur survienne elles tombent facilement, ne mouvement de terre, ne nul autre gravier insulte ne peuvent souffrir, tous les corps de Athlètes sont corrompus et faits imbéciles, par les pluies et naureures qu’elles ont reçues en exerçant, et facilement sont lésées par bien légère occasion qui leur survienne.

Ensuite à plusieurs les yeux sont caves ou fossoyés, quand déjà la force de résister est défaillie, sont remplis de flegme, et leurs dents sont ruinées par la fréquente concussion, et par la succession du temps destituées de vertu, ils déchent facilement : ensuite la symétrie compacte des membres, comme le plus souvent sont tordues et se rendent invalides, ni toute violence que survient par dehors, et tout ce que a été rompu, ou par contrainte retiré, facilement se vient à émouvoir : quant à ce que appartient à la bonne santé.

Il est trop clair, nul genre est plus misérable que des Athlètes, par quoi non sans cause s’ils sont notés d’un généreux surnom dits Athlètes, ou qu’ils aient le surnom Athlioi, c’est à dire misérable, ou que tous deux communément soient nommez Athlothètes, c’est à dire misère, comme ayant sorti le surnom d’une terre.

Donc puisque nous avons traité le souverain, lequel est entre les biens du corps, et quoi ? De la bonne santé : maintenant passons outre au reste, afin que non tant seulement l’exercice Athlétique ne vient à rien conférer à la beauté, par quoi aussi plusieurs de ceux ici, qui sont composés de corps merveilleusement bien, et les gymnastes qui les avaient en cure, les engraissant outre mesure, et les inférieurs de chair et de sang, ils les viennent à remettre en diverse espèce de corps, aussi d’une face difforme, et totalement étrange et sale le vient rendre, même ceux-là qu’ils avaient institués à la batterie des poings : ensuite depuis qu’ils ont bien leurs membres rompus et distors, ou bien effondrés les yeux, par là il appert manifestement le grand fruit qu’ils ont de tel art : ainsi leur affaire vient à succéder très bien tandis qu’ils sont sains, quant à la commodité de la forme.

Incontinent qu’ils désisteront d’exercer ensemble les autres organes du corps viennent périr, et tous les membres comme j’ai dit, distors, ils ne rendent bien difforme, par aventure rien de tout ce qu’a déjà été dit, mais ils se attribueront robustesse et force, car je sais assez qu’ils diront ceci.

Cela appartient grandement à tel affaire, mais par les dieux quelle force, ou à quoi utile ?

Assavoir mon si point à l’agriculture, donc très bien fouir, moissonner, ou quelque autre chose semblable qui appartienne à l’agriculture, mais par aventure elle a la chose belliqueuse viens donc ouïr encore ce que dit Euripide, lequel vient à chanter leurs grandes louanges.

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Bis. Euripidi tribuit Galenus.

Ne viendra l’on donner l’âpre bataille,

Ou faire guerre comme ennemis par main :

Sur plats pourtant ne frapperont de taille,

Tout cela n’est pour frapper que cas vain :

Rien pourrait il des pieds l’agile est sain,

A déchasser ennemis des cites :

De tout cela ne sont que vanités,

A mon avis nuls seraient excités,

Mêmes quand bien tous ces gens je connais :

Vain feutz tout quand à la vérité,

Si l’on voyait par lors luire l’harnois.

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Ensuite contre la froidure et chaleur ils sont valides quant à ce, imitant Hercules, que tant en Hiver comme en Été, ils sont couverts d’une peau et déchaussés, perpétuellement dormant la nuit au serein, couchant en terre, car en toutes ces choses les enfants nouvellement nés sont plus imbéciles.

Donc par quelle cause viendraient ils manifester la similitude de leur force, et où seront a eux agréables et dresser leurs crêtes : certainement non pas bien à ceci que les cordonniers, les charpentiers qui sont édificateur de maisons les délectèrent en la palâtre, ou aux stades, il pourrait bien être que en ceci que tout le jour en venant à susciter la poudre et sait vautrer, ils jugeront droitement se pouvoir faire, et digne de louanges : vrai est que cette louange est plutôt aux cailles et aux perdrix.

S’il est donc dit qu’ils lèvent leurs crêtes, et qu’ils se lavent tout le jour de fange.

Mais dis moi par Jupiter, celui Milo Croctonale, jadis il porta par une stade sur ses épaules, un des taureaux immoles : ô mémorable démence de ceux qui n’entendent pas ceci, que un peu auparavant, l’âme aurait porté le corps de l’animal vif, certes il porta de beaucoup plus moindre labeur que Milo, car il pouvait courir quand il le portait, toutefois celle n’était de nul prix, non plus que celle âme de Milo : mais la fin de tel homme déclara qu’il n’avait point d’entendement.

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Une fois il regardait un jeune adolescent, qui avec des coings fendait des arbres, il le fait ôter de là en se moquant de lui, et lui ne usa point d’autres instruments que de ses propres mains, il réduisit le bois en pièces, car toute la force qu’il avait il l’employa au premier effort, tant qu’il vint réduire et diviser le bois l’une une partie de l’arbre ça et l’autre la, et ce pendant les coings tombèrent avec l’autre partie de l’arbre il ne peut diviser : certes longuement il se essaya, à la fin il se trouva vaincu, et n’eut plus de puissance de extraire ses mains, mais par les deux parties du tronc conjointement resserrées, ses mains premièrement furent comprises et puis brisées, et après furent cause de la misérable fin de Milo.

Donc il lui profita beaucoup en ceci, car il n’eusse souffert aucun mal, avoir porté par une stade le taureau mort : assavoir mon, si en ce temps là il eusse pu conserver la Grecque république, par lors qu’ils faisaient guerre contre les Barbares, la force de Milo, laquelle il déclara en portant le taureau, plutôt que la sapience de Thémistocle : lequel premièrement d’un droit indice, vint à dépréhender la sentence de l’oracle : ensuite il vint à conduire la bataille comment il fallait car un conseil unique prudent, vient à être supérieur beaucoup de mains.

Ensuite l’usage avec armes, est pire que nul autre mal, certes je pense déjà être de manière perspicace déclaré, l’exercice athlétique ne saurait conférer aucune utilité aux jonctions de la vie.

Aussi ils ne soient d’aucun prix à ceux par qui sont exercés : vous le connaitrez si je vous raconte celle fable, qu’un certain homme bien élégamment la ornée, par prolixes carmes : mais la fable est de telle façon.

S’il advenait que par la volonté de Jupiter, à tous les animaux advint un consentement et une société de vanité tout ensemble, afin que en Olympe le crient, non pas tant seulement les hommes vinssent au prix appeler : mais qu’il permit à tous les animaux très tous venir à un moment.

Je crois que nul homme ne serait couronné même à une certitude, qu’il se vient à étendre jusques à vingt et trois stades, qu’ils nomment Olichon, dit le cheval le surmontera beaucoup plus en plus bref cours, mais qu’il ne sait pas plus loin d’un stade de lièvre emportera le prix.

Ensuite au double stade là où le cours et recours vient à dupliquer le stade, le daim premier emportera les joies : bref nul des hommes n’est pas pour être mis au nombre !

O misérables hommes, combien sont légères vos exercices et est bien davantage, que nul après l’âge de Hercules ne se montrera plus robuste, qu’un Eléphant, ou un Lion, et je le pense bien, vu que le taureau emporterait la couronne à la batterie pugile, aussi il dit, que si l’âne veut tendre des talons, il emportera la couronne, et sera écrite de variable événement, que l’âne au pancrace aurait vaincu les hommes : mais cela était du temps de la vingt-et-unième Olympiade, quand l’âne criait d’avoir vaincu.

Cette fable vient à déclarer la force Athlétique ne être du nombre de celles qu’il faut que les hommes se exercent : mais les Athlètes sans force emporte les animaux.

Par quelle façon se viendront-ils à revendiquer des autres biens, que si quelqu’un disait la volupté du corps être nombré avec les biens, certes il n’est pas assez suffisant, ni durant qu’ils l’exercent, ni aussi après l’exercice : car quand ils exercent l’Athlétique, ils vivent en travail et en misères, non pas tant seulement pour l’exercice, mais pour ce qu’ils sont contrains à voracité, que s’il advient qu’ils prennent mission de l’art, plusieurs se font de leur corps boiteux et débiles.

Dont par aventure ils s’en glorifient, pour ce que sur tous les autres ils font grand amas de pécune et autres biens : toutefois on les peut voir être tenus et obligés par débits d’argent qu’ils doivent : tu ne saurais trouver un Athlète plus riche d’un poil, que le villageois d’un homme riche : combien que cela ne sait trop honnête de amasser richesses par tel art, il serait beaucoup mieux savoir tel art que le navire rompu, qui vient à nouer au naufrage de la mer avec le maître : cela n’advient pas à ceux qui procurent les négoces des riches, ni au publicains, ni aux négociateurs, et toutefois ceux ici s’enrichissent par leurs arts.

Ensuite si leur pécune se vient à perdre, aussi se perd leur négociation, de laquelle ils ont honoré de leur pécune par quelque fort, car si cela leur faut, ils ne peuvent restaurer leur première négociation : et si quelqu’un vient étudier pour soi appareiller pécune, l’art est pour être exercé, permanente par toute la vie, aussi voyant que les arts se distribuent par la première division en double discrime : car les aucunes constant de raison et sont libérales et honnêtes, des autres sont contemptibles qui conslent de labeur de corps, qu’on nomme sédentaires et mains ouvrières, mais il serait requis d’apprendre quelqu’une de celles premières.

Donc il faut étirer quelque art et y exercer la jeunesse, de qui l’entendement ne soit pas totalement brutal, ou bien la meilleure, laquelle selon mon jugement est l’art de la pratique de la médecine mais ceci nous sera après démontré.

Fin.

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4 – NOSTRADAMUS , LA LETTRE A C. GALIEN : TRADUCTION ET COMMENTAIRES

1 – INTRODUCTION

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Ami lecteur, ce livre décrit :

-non seulement l’inutilité mais surtout le danger du matérialisme à travers les quêtes de la fortune, de la beauté et de la force physique marquant la vanité de l’homme,

-mais en dépassant l’animal, l’utilité de la puissance de l’esprit, de la quête spirituelle à travers l’étude des sciences, des belles lettres et des « bons arts » accessibles à tout homme, quelle que soit sa condition, et il doit s’approprier l’essence de l’existence pour distiller l’élixir de longue vie et de la santé et viser la quête de l’immortalité dans le sillon du Créateur.

Il est plus que tentant de rappeler les pertinentes remarques de Patrice GUINARD relevées dans son CORPUS NOSTRADAMUS dans le site du CURA :

« Un traité d’éthique médicale

Deux gravures allégoriques illustrent l’antithèse principale du discours : celle de la Fortune, représentée par une femme dénudée, les cheveux au vent, debout sur un pied en équilibre sur une boule au milieu de la mer et tenant entre ses mains un étendard, et celle de Mercure, tenant un caducée et assis sur un siège au centre d’un char quadrangulaire traîné par deux coqs géants.

Galien invite son lecteur à ne pas s’abandonner à la Fortune, inconstante et susceptible de mener ses adulateurs au naufrage, mais de suivre le cortège de Mercure et de s’appliquer à l’étude des sciences, des lettres et des arts, auprès desquels les privilèges de la naissance, de la richesse, de la beauté ou de la force physique apparaissent vains, aléatoires et illusoires.

Des conséquences de cette éthique apparaissent dans trois tableaux commentés dont l’actualité n’est pas épuisée : le convive (Diogène le cynique) qui crache au visage de son hôte ne trouvant dans sa trop somptueuse demeure un autre endroit où assouvir son besoin, la courtisane Phryné, immortalisée par Praxitèle, qui reste seule immaculée et radieuse après que les autres femmes aient mouillé et abîmé les maquillages et autres fardements qui masquaient leurs imperfections (cf. le TFC, CORPUS NOSTRADAMUS 19), et l’athlète Milon de Crotone à son déclin, c’est-à-dire en son midi selon Nostradamus, qui se brise les mains en se vantant de pouvoir aider un adolescent à casser du bois.

On pense à Winston Churchill qui courait se coucher quand on lui parlait de sport, à l’opposé des politiques démagogiques actuelles, des surenchères à la compétitivité et aux prouesses passagères, vite oubliées quand bien même le cirque médiatique ne cesse d’en marteler les litanies et les clichés.

Un texte codé et volontairement fautif

Les allusions de la préface au grand monarque et à la prophétie de la Sibille, mi-sérieuses mi-facétieuses me semble-t-il, montrent que la publication de ce texte n’est pas innocente, et qu’il entend s’inscrire dans le corpus poético-prophétique. »

Ces allusions sous-tendent de manière permanente et découvrent le véritable dédicataire de cette œuvre de NOSTRADAMUS, le Grand Monarque.

Dans cette version, les paragraphes sont agrémentés d’un titre pour en faciliter la compréhension.

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2 – LE TEXTE

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Paraphrase de C.

GALIEN, sur l’exhortation de Ménodote, aux études des

bons Arts, même de Médecine :

Traduit du Latin en

Français, par Michel

Nostradamus.

A LYON,

chez Antoine du Rhône.

1557

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3 – LA GRAVURE

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Nostradamus galien 2 MICHEL-HENRI

Elle révèle un NOSTRADAMUS studieux, assis à sa table, écrivant dans un livre ouvert, près d’une sphère céleste, plus loin, on remarque un compas et deux livres fermés, et au fond, à travers la fenêtre on distingue les deux luminaires, le Soleil et la Lune, et les cinq « étoiles » symbolisant les cinq planètes.

NOSTRADAMUS studieux montre la compréhension et le décryptage du message secret de la nature, la connaissance et le savoir.

Le compas suggère les calculs nécessaires pour percer l’ordre du monde.

Les deux livres fermés indiquent la dualité et le secret clos et enfermé.

Le troisième livre, posé sur la table, s’ouvre à la communication, au partage et au ternaire.

Les luminaires confortent la dualité et s’élargissent vers le septénaire qui insiste, avec la sphère céleste, sur l’importance du rôle de l’astrologie judiciaire.

Cette simple gravure est une synthèse de la place que le Maître nous dévoile. Il nous reste à étudier plus en profondeur et en finesse l’ensemble de ces symboles.

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4 – DE LA STATUE DE GALIEN

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TRADUIT DU GREC.

Huitain.

Le temps était quand la terre engendra,

L’homme mortel, par sa science infuse :

Quand l’art médical Barbare s’effondrera,

Le grand Galien qui lors était confuse.

Terre immortels nourrissait, quand diffuse

Était sa faim, est la porte damnable :

D’Enfer vidée, par art des mains qu’il use

Par sa doctrine médicale tant louable.

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5 – DEDICACE

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A TRÈS HAUT, TRÈS ILLUSTRE,

Très magnanime, et très héroïque Seigneur monseigneur

le Baron de la Garde, Chevalier de l’ordre du Roi,

Amiral des mers de levant, Michel de

Nostredame son très humble et obéissant

serviteur, baisant la main droite de

son trident, envoie salut

et félicité.

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6 – LES BELLES LETTRES

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Dans un premier temps, lorsque les lettres commencèrent à pulluler, ô très illustre et très héroïque Seigneur, il fut une coutume, qui, depuis plusieurs siècles, est venue dans tel suprême degré d’augmentation, et depuis observée, que ceux qui, par le moyen de leur continuelles vigiles, venaient mettre en lumière quelque cas nouveau compris par le labeur des lettres, qui fut digne d’être lu.

Mais, aussi, si quelqu’un par le moyen de son industrie venait à susciter quelque œuvre par plusieurs siècles déjà passés et par l’injure du temps éteinte ou presque tout étouffée,

7 – UN DIGNE DEDICATAIRE

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Ces personnes mettaient beaucoup de temps à préméditer à qui premièrement, en dédicace, elles viendraient consacrer leurs œuvres, tellement de temps pour choisir le personnage et leur dédier car il était indispensable qu’il puisse comprendre et faire un large jugement, ou bien elles pouvaient aussi le dédier à leurs plus proches amis et ainsi le consacrer, afin que tous, aussi, fussent unanimes à le défendre de la calomnie des envieux, et aussi que par le point principal, par la splendeur et renommée de leur nom, puissent donner, à l’œuvre et au fait suscité, un plus grand crédit et une réputation, et que par un meilleur droit et digne raison il puisse être soutenue et vivifié.

Car il n’y a celui qui tant soit hébété de sens qu’il ne confesse que le nom d’immortalité et de louange sempiternelle, ne doivent être conservée au Seigneur et patron, à qui le monument de l’œuvre (pour exigüe qu’elle soit) a été consacré, s’il était requis, outre l’ennui de conférer les très grands faits aux très infimes.

Valère le grand a consacré son œuvre, non moins admirable que mémorable, à Tiberius Caesar, qui succéda après Auguste, et Plines voulut consacrer ses divines œuvres à Vespasien Empereur, et Martial à Domitien, puis à Nerva et de nombreux autres, et si j’oserais attester qu’il n’est pas possible qu’on puisse dénier que les susdits Empereurs n’aient été beaucoup plus célèbres, par moyen de la renommée de ceux qui ont consacré telles œuvres à leurs majestés, et si nous ne pouvons bonnement savoir s’il cela est possible.

Je me demande si l’on peut donner plus grande célébrité de nom, plus grand honneur, plus grande gloire, ne pas faire cas plus digne de grande excellence que celle qui vient se proclamer par l’étude des bonnes lettres ou par les livres.

Combien que un si petit opuscule ne requiert si grand, encore je ne doute point que, en ce monde où sommes tous relégués, il puisse se trouver rien qui soit plus digne, ni plus précieux que les bonnes lettres, mais aussi le bien, l’honneur et la gloire que, par le moyen des disciplines, l’homme vient atteindre et poursuivre et rien ne peut être plus noble par l’univers, ni plus honnête, que quand tout est conclu.

Il n’y a rien en ce monde qui doivent ni aussi se puisse préférer à l’immortalité, que aux vaillants et stémistes capitaines, tant au fait terrestre que maritime est préparé, que révoluant longuement votre digne excellence combien par moyen de votre trident avez conservé, non tant seulement l’universelle classe gauloise.

Mais aussi combien vous est redevable la bonne maritime des mers de levant que ses habitants ont été des ravisseurs Barbares pirates, d’en être délivrés et soutenus, s’il est requis, ô illustre Seigneur, hors toute assolution adulatrice, combien de fois vous avez été envoyé par les très chrétiens Rois de France, en ambassade devers le grand monarque, qui obtient l’Empire par la plupart de l’Europe, par tout l’Asie, et l’Afrique tellement que votre légation a été de si félice et heureuse prospérité, que non tant seulement d’homme vivant en l’univers, ni aussi de plusieurs siècles passés, n’a échu à l’homme vivant d’avoir conduit l’innumérable armée de mer, sortie des plus profondes stations, tant d’Afrique que de l’Asie, voler aux Pacifiques ondes de la mer Méditerranée, et aussi plusieurs et semblable prouesses accomplies par votre magnanimité, et non moins avez étendu votre immortelle renommée par votre terrible trident aux mers  Orientales, mais vous avez fait trembler les habitants des vagues du grand Océan, au point que la renommée est montée jusques aux cieux, que si aux opinions du vieillard Taciturne, de l’île de Samos, nous prenons signe de foi, vous avez suscité l’âme jadis du grand Neptune, de qui de droit, ô très héroïque Seigneur les armes vous appartiennent.

Et je tiens, par une assurance, que ceci a été par votre excellence qui a parachevé la prophétie de l’écrit de la Sibylle, qui, naguère, l’a trouvé dans plus profonds abimes de l’Occident, proche des colonnes d’Hercules.

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Voluentur faxa litteris et ordine recris,

Cum videas Occident et Orientis opes :

Ganges indus, tagus, erit mutabile visu,

Merces commutabit suas vterq ; sibi.

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La traduction est proposée par Patrice GUINARD dans son site du CURA :

« Les repères (sacrés) seront déroulés en lettres droites et (remis) en ordre,
Afin que tu voies aussi, Occident, les richesses de l’Orient :
Du Gange indien au Tage on verra des bouleversements,
Quand ils échangeront leurs biens chacun de leur côté. »

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8 – CHOIX DU DEDICATAIRE

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Donc, ô héroïque Seigneur, étant certain de votre érudition navale, foi, probité et valeureuse magnitude, j’ai librement pris cette téméraire audace de vous offrir ce petit opuscule de C. Galien qui a déjà, depuis longtemps, été traduit en langue française, intitulé la Paraphrase de C. Galien de Pergame, sur l’oraison de Ménodote, qui est aussi un auteur grec, qui a fait et composé aux études des bonnes Arts et même de la Médecine.

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9 – IMPORTANCE MAJEURE DE CE PETIT OPUSCULE

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Bien qu’il soit très exigu, ce petit opuscule est presque aussi immense qu’une officine de Vulcain, car il est rempli de tous genres d’artifices ce qui en fait une œuvre presque différente comparé aux immenses labeurs de l’auteur et elle est entremêlée de plusieurs histoires antiques et apophtegmes, avec plusieurs vers, tant héroïques que tragiques.

J’ai voulu choisir celui-ci et je n’aborde pas les causes, le service comprend une certaine description de la fortune occasionnelle, autrement et au vrai, décrite, que ce n’est pas par les écrivains du siècle passé, même ceux qui, premièrement, ont inventé la description de celle-ci, que plusieurs pourront spéculer dedans, comme au parfait miroir d’expérience.

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9 – GRANDEUR ET DECADENCE DE MILO

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Avec la description de l’histoire du Grand Milo crotoniales, il est certain qu’on ne trouva jamais un homme plus robuste que lui, et, ainsi qu’on peut le lire, il empoignait une grosse pomme dans sa main, et ne trouva jamais un seul homme, en son temps, qui aurait pu la lui arracher des mains, et malgré les violences faites pour l’ouvrir, la pomme était encore toute saine et entière : ensuite à Olympe, depuis son pays, il porta sur son dos un taureau bien vif, par le long du stade, dont la longueur est de six cens pieds d’Hercules, et d’un seul souffle, puis, le déchargeant, il lui donna un coup de poing entre les deux cornes qui le tua et il ne tarda guère à le dévorer.

Mais, en réalité, après avoir raconté les vaillances de ce géant durant son principal soleil levant de sa jeunesse et certainement proche de son midi avec sa maturité, mais sa fin dans la vieillesse fut bien misérable car, après avoir fendu par la violence de ses mains et méprisant le jouvenceau qui avec des coings venait diviser l’arbre, lui-même il en fait des parts divisées et dans sa première force étant éruptive à la première division du tronc, il voulut derechef employer ses forces, mais elles étaient déjà très diminuées, et il se trouva si fort enserré dans l’union avec l’arbre qu’il ne pouvait plus ravoir ses mains, et là, étant sans pouvoir les arracher, lui-même servit de proie aux loups, ce qui fait que cette nuit pendant que le soleil s’absconsait il termina misérablement ses jours.

Et il y a plusieurs autres graves et prodigieuses sentences sur lesquelles votre digne excellence pourra donner un plus ample jugement.

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10 – LES RAILLEURS INCOMPETENTS

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Et il n’y aura aucun défaut mais il est possible qu’ils seront quelques uns qui seront incapables d’imiter la moindre partie de la traduction et qui voudront calomnier quelque mot car il sera possible qu’il leur semblera aliéné à leurs oreilles.

Mais l’œuvre a été translatée, selon les exemplaires qu’alors j’ai trouvés, qu’il m’a été possible de recourir jouxte ma faculté, et quant aux nombres qui ont été tournés des poètes Grecs, ce n’a point été sans les deux exemplaires Grecs et Latins, et à l’un d’eux, avant, j’ai mis notre surnom, aux lettres supérieures.

Vous plaira donc, ô très illustre, très héroïque, et très vertueux Seigneur, prendre en gré ce petit et exigu livret que j’ai traduit, vraiment petit et exigu, en priant la magnitude et excellence de votre césurée libéralité qui vous fera connaitre la plus qu’obéissante servitude que continuellement je vous porte et il portera à votre terrible trident, le plus humble et obéissant de vos serviteurs, toute sa vie.

De salon ce 17. de Février. 1557.

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11 – CONTRE LES INEPTES TRANSLATEURS

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A Monseigneur le

Commandeur de Beynes.

Dixain.

Qui tournés locques, lasnide,et camisynes,

Le François n’aime les noms tant pointilleux :

Changeant la langue par telles voix matines

Non usitées par chemin patilheux.

Vous ravassez en vous termes poilheux,

Laissez cela venez à la fontaine :

Suivez le droit sentier, et voie plaine,

Que Galien puisse s’entendre en notre langue,

Nous n’ensuivons que la commune veine

Qu’avons changé par une Attique harangue.

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12 – Censura ad Lectorem.

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Ne putes, amice Lector, hanc Galeni orationem aeditam temere : scito, cum déjàm compossuissem, antequam aederem me censores huic Opusculo adhibuisse, Manadum, et Ionnem guilelmos, Antonium torquatum, non minus philosophdéjà et eloquio, quam genere gallos : Antonium laurentium, Rolandum berengarimo, Pychmache Ium, et Honoratum castelanum viros latinaelinguae peritissimos, usum praeterea acceriiimo Francisci valerrollae doctissimi arque humanissimi viri iudicio : usum quoque consilio Ioannis Nostradami fratis viri clarissimi.

M. NOSTRADAMUS

La traduction est proposée par Patrice Guinard dans le CORPUS NOSTRADAMUS 68 dans le site du CURA :

« Ne va pas croire, ami lecteur, que ce discours de Galien soit édité à la légère : sache que déjà, quand je l’avais composé avant de le publier, j’avais soumis cet Opuscule à l’approbation d’autorités, de Manaud et Jean Guilhelm, d’Antoine Torquatus, non parmi les moindres en philosophie et en rhétorique, aussi bien que d’origine française, et de latinistes expérimentés comme Antoine Laurent, Roland Berengarimo, Pychmachelus et Honoré du Chastel, et (sache) que j’ai suivi les sages conseils du très docte humaniste François Valeriola, et aussi l’avis de mon très illustre frère Jean de Nostredame. »

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13 – C.GALIEN de Pergame

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Après Hippocrate des Médecins obtenant

le principat exhortation, aux

bons Arts mêmement

Médecine

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LA RAISON :

Amon avis, les Animaux qui sont communément appelés bêtes brutes, il ne nous apparait pas assez qu’elles soient totalement expertes de raison car, par aventure, elles n’ont pas toutefois aussi cette raison, laquelle s’entend, entre nous, commune selon la voix, que l’on nomme énonciative.

Certainement est excepté celle qu’on sent en soi selon notre âme et que l’on nomme raison capable aux affections : elles ont avec les noms tout en commun, cependant certaines plus et d’autres moins.

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L’ART ET LA SCIENCE :

Mais, certes, il apparaît de manière très claire que l’homme, dans cette partie, l’emporte beaucoup plus tous sur les autres animaux, ou bien qu’il le tienne de lui, ou pour le regard de la grande et incompréhensible multitude des Arts que l’homme sur celui de animal essaye d’apprendre.

Car seul homme est capable de science et l’art qui se sait parfaitement vient le confirmer.

Car certainement, presque la plus grande partie, de tous les Animaux sont ignares aux arts sauf si tu veux en excepter quelques uns.

Et si, parfois, ils possèdent l’art en eux, c’est qu’il est plus tôt survenu de par la nature plutôt que par institution.

Ensuite il n’y a aucun art chez les animaux que l’homme n’est pas médité.

Et que croyez-vous, l’homme n’a-t-il pas imité les araignées dans l’art du tissage et de mettre en forme de la terre (en l’art que l’on nomme Plastique) et n’a-t-il pas imité les mouches à miel ?

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LES ARTS DIVINS :

Et encore qu’il soit animal terrestre, il n’est pourtant pas ignorant à nouer et il n’est pas inaccessible aux Arts divins lorsqu’il exerce l’art de la Médecine d’Esculapes et d’Apollon.

En ensuite aussi de manière semblable touts les autres arts qu’Apollon possède, c’est à savoir tirer à l’arc, chanter, diminuer, et ce dont il peut profiter de ce que possède chacune des Muses.

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LA SCIENCE :

Il n’est pas davantage ignare dans la géométrie, ni en astronomie mais pour son bien il contemple, comme dit Pindare, les choses qui sont sous la terre et celles qui sont aux cieux.

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LA PHILOSOPHIE :

Ensuite, parmi les industries qui l’ornent du plus grand bien sur toutes les autres, c’est le savoir de la philosophie et, en conséquence, parmi ces choses-ci (bien qu’à tous les autres animaux la raison n’y est pas défaillante), toutefois seul l’homme est appelé raisonnable parce qu’il vient la préférer en pré excellence sur toutes les autres.

Je me demande donc, si ce n’est bien infâme de mépriser ce qui nous est commun avec les dieux et, avec les Arts ainsi méprisés,

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LA DEESSE FORTUNE :

de tenir les autres choses dans une étude  soigneuse et, nous-mêmes, les commettre en fortune et, les anciens, en voulant nous mettre cette improbité au devant de nos yeux, ils l’ont d’abord fait grâce à la peinture, ensuite ils nous l’ont représenté par les statues, et il n’était pas suffisant de lui donner une forme de femme, car c’était un assez un grand signe de folie, mais ils lui ajoutèrent entre les mains un mât de navire et lui mirent sous les pieds une assise en forme de Sphère et, en plus, ils lui privèrent de ses yeux, déclarant ainsi, de cette façon, merveilleusement bien son inconstance.

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LE NAUFRAGE :

Donc si nous étions tous ainsi comme dans un navire véhémentement agité par une tempête maritime et tant que le navire serait en grand danger, à cause des orages et par les fluctuations, et, afin qu’il ne soit pas méchamment submergé et brisé au fond, on viendrait à mettre la direction du mât à un gouverneur aveuglé.

Je veux dire, de la même manière, que dans la vie humaine et dans plusieurs maisons, il y a beaucoup plus de plus grands naufrages qui ne proviennent pas des bateaux en mer et qu’on ne jugerait pas droitement, qui soi-même en tant de négoces, par tout et étant de tous cotés perçus fermes, se rangerait à suivre cette déesse aveuglée, et imaginant rien d’aussi stable car elle est tellement stupide, en folie et dehors de tout sens, que, souvent, les gens de bien la délaissait car il était nécessaire de conserver la raison, mais elle vient enrichir les personnes indignes, cependant elle ne fait pas cela constamment, mais afin qu’ensuite elle vienne ôter ce qu’elle avait donné de pareille témérité.

Ensuite une grande tourbe d’hommes sans érudition, suivant cette déesse qui ne demeure jamais dans un même état à cause de la volubilité du fondement ou de la base où elle est posée, qui conduit ici et là, et vient ravir par un trébuchement et bien souvent en mer et ensuite, là-même où tous ceux qui la suivent, meurent, mais quoi?

Elle seule échappe sans être lésée et sans dommage et cependant que les autres pleurent, elle rit, et on implorait en vain son ardeur et sa faveur, voyant déjà que, ça et la, il n’y a aucune utilité, et véritablement ainsi sont les faits de la déesse Fortune.

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MERCURE :

Aussi, considère, la diverse forme de Mercure, seigneur de raison et auteur des Arts, qui vient à répugner au simulacre de la fortune, c’est la raison pour laquelle il nous fut jadis représenté par les anciens, premièrement par les peintures et ensuite par les statues.

On le peint sous la forme d’un bel adolescent, sans aucune beauté fardée, ou ornée par un artifice de perruque mais, bien tout incontinent, il vient briller dans son visage une vertu de courage car il est d’une face joyeuse avec des yeux pénétrants, et le fondement sur lequel il est assis dans toutes les représentations est des plus fermes et il n’est pas volubile, c’est à savoir, par le tour quarré des quarrés, aux quatre angles, tenant aucune fois, et ils le nous représentent dans cette figure.

Tu verras aussi ceux qui suivent son culte être aussi joyeux que lui et ils ne se plaignent jamais de lui, c’est le contraire de ceux qui suivent la fortune et ils ont la coutume de le faire.

Ils ne laissent ni ne s’éloignent jamais de Mercure, mais ils le suivent perpétuellement et ils usent de sa providence.

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LE CHEMIN DE LA FORTUNE :

C’est le contraire pour ceux qui suivent la fortune, on les voit inertes et indociles aux disciplines, ils sont toujours dans le désir et conduits par l’espérance, ce qui fait que, quand la déesse se met à courir, ils courent, et quoi ?

Certains seront près et d’autres loin mais ils sont aussi dépendent de son bon vouloir.

Entre tous ceux-ci tu verras Crésus, celui qui était Roi de Lydie, Polycrate Samien et par aventure tu viendras t’émerveiller, certes de l’autre, et par Patrolus envahi par l’or qui pour toute chose coule en abondance, ensuite, avec eux, tu verras Cyrus, Priam, et Dyonisius, il est vrai que tu les verras, mais ils ne seront pas dans un même état, car Polycrate est clavelé à la croix, puis verras Crésus subjugué par Cyrus, ensuite tu verras Cyrus rejeté des autres, et tu verras Priam contrit et ferré et Dyonisius en Corinthe.

Et si tu viens contempler ceux qui suivent de loin la déesse quand elle court, mais sans toutefois pouvoir vraiment la suivre, certainement tu viendrais haïr grandement ce rang car là ils sont en grand nombre, avec beaucoup d’Orateurs, plusieurs putains et paillardes, et de profiteurs de leurs amis, là aussi se trouvent plusieurs homicides et fossoyeurs de monuments, de nombreux rapaces et un plus grand nombre de ceux qui n’ont jamais pardonné aux dieux et qui les ont pillé par sacrilège.

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LES QUATRE AUTRES RANGS :

Ensuite, on trouve un premier rang, celui de tous les modestes et les ouvriers des Arts qui ne courent pas, ne crient pas, ne vocifèrent pas et ne combattent pas entre eux mais Dieu est au milieu d’eux, et chacun compose dans son lieu autour de lui, et ils ne veulent pas abandonner le lieu que Dieu a donné à chacun, certains sont proches de Dieu, l’environnant d’un art bien composé comme les Géométriciens, l’Arithmétique, le Philosophe, le Médecin, l’Astronome, et le Grammairien.

Dans le deuxième rang suivent les Peintres, les Plâtriers ou les Potiers, les Ecrivains, les Orfèvres, les Architectes et Lapidaires.

Après, le troisième ordre suit, contenant toutes les autres Arts, ainsi par ordre une chacune digeste, toutefois de façon que, vers le même Dieu, tous tournent les yeux mais, de manière pareille aussi, ils obéissent à ses commandements, certes, et tu verras ici une nombreuse multitude qui adhère au dieu.

Ensuite tu regarderas un certain quatrième ordre, ce rang élu et extraordinaire est tiré à part mais, ici, ils ne sont pas semblables à ceux qui accompagnaient la Fortune car le dieu Mercure n’est pas accoutumé, ici, de juger les très excellents par le moyen d’une dignité civile ni par la noblesse de sang, ni par une opulente richesse mais bien ceux qui auraient transigé leur vie avec vertu, et aussi parce qu’en leurs arts ils auraient exilé les autres, et aussi parce qu’ils auraient obéi à ses préceptes, et que légitimement ils exerceraient les arts, selon leur vacation, et ceux-là il les honore grandement et il les préfèrent et il les mets en premier, devant les autres, et il les a toujours proches de lui et avec lui.

Dans cet ordre vous trouverez Socrate, Homère, Hippocrate, Platon et leurs semblables studieux que nous venons les révérer par une égale dignité avec les dieux, perçus comme certains ministres et affectataire du dieu.

Bien que personne des autres rangs ne fut jamais méprisé par ce dieu car il n’a pas seulement cure et sollicitude de ceux qui sont à sa présence mais il est présent aussi avec ceux qui naviguent et il ne vient pas les destituer par un naufrage.

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L’AVENTURE D’ARISTIPPE :

Aristippe donc, une fois en navigant, son navire fut rompu et il fut jeté, par la tempête, au rivage de Syracuse, tout d’abord il reprit du courage quand il vit sur le sable les lignes de géométrie car il répétait, en lui-même, qu’il était parvenu entre les Grecs et les sages et non pas entre les hommes Barbares, et lorsqu’il fut arrivé à l’université de Syracuse, il prononça les vers qui suivent :

Qui recevra par don tout maintenant

Vaguant Oedipe banni et exilé :

De son pays ce jour humainement,

Que par naufrage tout a été pillé.

Et tout de suite ils allèrent le voir et quand ils ont su qui il était, immédiatement, ils lui impartirent tout ce qu’il lui était nécessaire et ensuite quelques uns de son pays de Cyrène arrivèrent et ils lui ont demandé s’il voulait rien écrire aux siens : commandez-leur, dit-il, alors qu’ils viennent acquérir des richesses, lesquelles on suivi le même sort après que le navire a été rompu et mis en pièces, qu’ils viennent renouer avec le possesseur.

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LA QUETE ILLUSOIRE DE LA RICHESSE :

Ensuite, les nombreuses personnes misérables, ne faisant rien d’autre que d’amasser des richesses et si, par fortune, ils excellent dans de telles affaires, ils pendent leur or et leur argent au corps, et ils le mettent autour d’eux, et, tout ensemble, ils perdent leur vie avec leur trésor.

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LE DRESSAGE DES ANIMAUX ET LES ARTS :

Certes ils ne valent pas tant de répéter entre eux-mêmes qu’ils viennent à embrasser et muter cela des bêtes brutes qui font l’ornement des arts, car certainement ils viennent mettre devant les chevaux endoctrinés à la bataille et les chiens élevés doctement à la chasse ils les préfèrent aux autres, et ils mettent une soigneuse cure à instituer ses serviteurs aux arts, et bien souvent ils dépensent une grande pécune à les faire apprendre ce qu’ils viennent mépriser pour eux mêmes.

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LE SERVITEUR, LE MAÎTRE ET LES ARTS :

Je me demande s’il ne te semblerait pas bien honnête et infâme qu’un serviteur soit estimé au prix de dix mille drachmes et que son maître ne serait pas estimé à seulement une drachme, je dis seulement une drachme car on ne trouverait personne qui le prendrait à son service pour rien.

Donc ne se sont-ils pas rendus beaucoup plus vils que les autres car ils n’ont appris aucun art.

Et en voyant donc aussi qu’ils viennent apprendre aux bêtes brutes les exercices des arts, et qu’un serviteur ignare qui n’a appris aucun art, ils le jugent digne d’aucun prix, mais qu’ils curent les champs et les autres possessions, que s’il est possible que chacune soit bien bonne, eux-mêmes tous ceux se viennent à mépriser, et qui en est cause, n’ayant intelligence s’ils ont courage ou non, il est trop manifestement clair qu’ils sont semblables au moindre de ses esclaves méprisés et afin qu’à un tel homme quelqu’un vienne lui courir dessus et que, justement, il vienne lui tenir de semblables paroles suivantes : O homme, certainement ta famille se porte très bien, ainsi que tous tes serviteurs et sujets, tes chevaux, tes chiens, tes champs, et tout ce que tu viens à posséder est bien composé, mais certes, toi-même, tu es bien peu curieux.

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INUTILITE ET ILLUSION DES RICHESSES :

Donc, scientifiquement, Démosthène et Diogène, de quoi l’un des deux venait nommer les riches, par des brebis chargées de toison d’or, et l’autre disait qu’ils sont semblables aux figuiers, des arbres qui poussent dans des lieux pierreux et aux sommets des montagnes  car ses fruits ne nourrissent ni n’alimentent les hommes mais ils servent à nourrir seulement les corbeaux et les corneilles, de la même manière leur pécune ne sert en aucune façon à l’usance des gens de bien mais servent à être bien consommé par les flatteurs et flagorneurs, lesquels, s’il advient qu’il ne reste plus rien et si, par aventure, ils rencontrent en chemin, devant eux, ceux qu’ils ont spoliés et taris, ils passent outre comme s’ils ne le connaissaient pas et c’est ainsi que l’on dit qu’ils sont semblables aux fontaines, car ceux qui ont l’habitude d’arroser avec des fontaines et que, tout à coup, elles désistent d’avoir de l’eau.

Immédiatement chez eux, si vous ôtez leurs vêtements, ils remettent de l’urine, et certainement il me semble qu’il est juste que ceux qui ne sont honorés que par la richesse et qu’ils soient ensemble spoliés, semblablement spoliés comme ceux qui avaient et étaient vus par leurs richesses.

Mais que feraient ceux qui ne possèdent aucun bien propre et qui, perpétuellement, dépendent d’autrui, et de ceux qui sont fortunés, mais certes tels sont ceux qui souvent vendent leur noblesse de naissance, et ensuite se voyant être plaisant à eux-mêmes, le vent les crêtes : car ceux qui n’ont aucun bien propre, ils viennent se retirer du regards de leurs ainés, certes ils n’entendent pas bien cela,

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NOBLESSE FINANCIERE :

que cette manière de noblesse de sang qui les glorifient est faite par une pièce de monnaie forgée dans une cité et que dans la cité où elle est forgée elle n’a de valeur que par ceux qui l’ont instituée et au regard des autres elle est réputée pour fausse et adulatrice.

Gloire de sang ne t’a haut élevé,

Ne t’a remis en si très grand honneur :

Je ne suis pas ici haut surélevé,

Pour polluer mon sang par déshonneur.

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LES VERTUS DE NOS AIEUX :

Il est très excellent donc, comme le dit Platon, que le trésor de ses pro-géniteurs est constitué par les vertus, mais il est encore beaucoup plus excellent de pouvoir mettre en devant le dire suivant  de Sthènes :

Certes nous sommes beaucoup plus excellents

Que n’ont été nos pères ni aïeux,

En chacun fait mémorables vaillants,

Qu’on voit la gloire luire devant nos yeux.

Car, s’il n’y a totalement aucune utilité de noblesse à ceci pour venir enflammer les émulateurs à l’étude, on propose un exemple domestique, ensuite si nous venons à dégénérer à la vertu de nos pro-géniteurs, non sans cause, ils se fâchent énormément, pourvu que, si l’on peut donner un moindre sens aux défunts, certes il y a, à nous autres vivants, un plus grand déshonneur, d’autant plus que le sang est plus illustre, certainement les impérities lesquels sont véhémentement d’une obscure sentence, le gain qu’ils font est que beaucoup de gens ne savent pas qu’ils sont ensuite ceux que, l’honneur et la clarté de leur sang, ne permet pas d’être caché, quel autre fruit portent-t-ils, par leur noblesse, sinon que tant seulement leur infélicité soit plus illustre.

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L’ORIGINE :

Ceux qui n’ont aucune correspondance au genre de lieu d’où ils sont sortis, ils sont beaucoup plus à mépriser que ceux qui sont issus d’un lieu obscur, mais poussons le cas qu’un furieux éventé vienne à prêcher la clarté de son genre, qu’il déclare son vice digne, que moins lui doive être pardonné, car, avec une même balance, nous n’estimons pas ou n’explorons pas les hommes issus de la plèbe que nous le faisons avec ceux qui sont nés de la noblesse : ceux-là encore qu’ils ne soient ornés que de bien peu de vertu, nous prouvons ce qui est défaillant à leur vertu, et le plus imputant à l’obscurité de son sang.

Ensuite ceux qui n’ont rien qui soit digne aux regards de ses ainés, encore qu’ils soient plus excellents que les autres : toutefois nous ne les révérerons pas.

Ensuite s’il n’y a personne qui sache et qu’il vienne à conférer et exercer l’art, par lequel, s’il est noble, il se verra être non indigne de genre, ou sinon il viendra à orner son genre, imitant celui du vieux Thémistocle, quand on lui objecta par affront qu’il était bâtard.

Il dit alors, je commencerai mon sang à moi et ma noblesse commencera par moi, mais le tien finira en toi.

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L’HISTOIRE D’ ANACHARSIS SCYTIEN :

Vois, je te prie, de n’avoir été contre Anacharsis Scytien, qu’il en soit moins en admiration et soit compté au nombre des sages, toutefois qu’il était de nation Barbare : un jour quelqu’un lui vint, par opprobre, objecter qu’il était de nation Barbare, certes dit-il, si la patrie m’est déshonneur, mais toi tu es le déshonneur de ta patrie, gracieusement re-taxant l’homme qui n’était rien par lui-même et qui venait se glorifier superbement uniquement de sa patrie, que si tu viens attentivement et fixement contempler les affaires des hommes, tu trouveras que les hommes ne sont pas faits illustres à cause de leur cité, mais, au contraire, par les hommes de bien et excellents en arts, leur cité avait été ennoblie.

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DE LA GLOIRE DE LA PATRIE :

Je te demande quel nom ou quelle dignité aurait été en Stagire, sinon à cause d’Aristote qui y prit sa naissance, ensuite qu’elle aurait été celle de Solore, s’il n’y avait pas eu Aratus et Chrisipus, ensuite le nom d’Athènes d’où est-ce que de si loin il a pris l’origine de son nom, non pas pour la fécondité du terroir, car les champs étaient bien peu fertiles mais le bruit de sa gloire a été plus pour les hommes que y sont nés, dont plusieurs, cependant qu’ils sont devenus gens de bien, ils vinrent à impartir une portion de leur gloire à leur patrie, mais tu verras évidement que ceci est très vrai, que si en toi tu viens réputer Hyperboles et Clio, auxquels la noblesse d’Athènes ne leur profita en rien sinon que leurs mauvais faits devenaient plus fameux.

Pindare dit, qu’on nommait jadis les Boétiens pourceaux, et ensuite

Nous avons foui le pourceau Bétique.

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DE L’EDUCATION PARENTALE :

Voulant, par poésie, effacer totalement avec opprobres de tel gent et toute leur ignorance, ensuite ne viendrait-il pas louer quelqu’un, ce législateur des Athéniens qui, par bon droit, défendit le droit que le père n’eût à demander le droit de nourrir son fils lorsque le père ne lui aurait appris aucun art.

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LA BEAUTE DU CORPS :

En voyant même que, en ce temps-là, on exerçait l’art et on voyait les corps très beaux, et cela vint fort en usage, que, pour la forme du corps qui émerveille, ils méprisaient le courage.

Ensuite, ils venaient à déplorer, en disant :

Vienne périr que plus ne me soit vue,

La belle forme du corps qui m’a perdue.

Aussi, ils ont entendu les paroles de Solon qui commande, au début, d’attendre la fin de la vie ensuite ils viennent accuser la vieillesse, alors qu’eux-mêmes devraient s’accuser et en venant à glorifier Euripide lorsqu’il dit :

Ne passez pas ce terme si est sage,

Prends la beauté au milieu de l’âge :

Il est donc requis de louer ceux qui adjugèrent la forme de l’adolescence comme semblable aux fleurs du printemps, comme ayant leur volupté temporaire, et ensemble d’avoir loué Lesbien qui dit que ce qui est beau, il est normal qu’il se voit, et celui (quel qu’il soit) qui est bon, il sera immédiatement tout beau, il faut donc obéir à Solon, duquel il nous vient à préférer une même sentence.

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LA VIEILLESSE :

Ensuite la vieillesse est grandement molestée, comme par la tempête qui tombe sur nous, n’ayant pas seulement besoin d’être chaussée et aussi vêtue, mais elle a un très grand besoin d’avoir une habitation commode et convenable, et plusieurs autres choses lesquelles sont innumérables, contre l’exemple de ce gouverneur très en avant, comme s’il fallait se préparer contre la tempête qui doit nous survenir quand ceci est misérable.

Le furieux est set entend l’affaire.

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L’ADOLESCENCE, LA BEAUTE ET L’ART DE LA GUERRE :

et viens voir çà, que dirais tu de la forme d’un adolescent qui n’est exaltée par aucun art à être utile, je me demande l’art de la guerre, certes non sans cause, à tels on vient leur éjaculer le dit suivant d’Homère :

Ne viens tu pas traiter en ta maison,

Le fait suave du conjoint mariage.

Et après :

Aller chez toi prends chemin par raison,

Faits convenable, faits traité comme sage

et n’y rends aussi :

A Troie vint sur tous autres beaux.

Mais il était fort luxurieux, c’est pourquoi Homère ne se souvint pas de lui, lorsqu’une fois, en racontant le nombre des navires, non pas pour autre chose, selon mon opinion, sinon qu’il vînt à déclarer combien sont inutiles les hommes excellents par la forme de la beauté, toutefois à tels on y voit rien, hormis la forme, qui viennent conduire à l’utilisation de la vie, mais quelqu’un infélice n’aura pas honte de dire, que pour faire de grands amas de richesses, la forme de la beauté est beaucoup plus conductible, voyant que par le vrai sens de la pécune, même l’honnête sens, vient se cumuler fermement par l’art.

Ensuite le revenu par la forme corporelle est toujours laid et infâme.

Il faut donc que l’adolescent jouxte l’antique précepte qu’en contemplant souvent sa propre forme devant le miroir et que s’il se voit de belle face, il faut qu’il soit soigneux que son courage soit tel et qu’il estime d’être véhémentement absurde que dans un corps beau habite un cœur et un courage difforme,

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LA DISGRACE CORPORELLE :

et que s’il voit que son corps a une forme disgracieuse, d’autant plus, il se doit d’avoir le courage de le cultiver par les vertus que l’on peut objecter dans le propos Homérique :

Quand quelqu’un n’a de corps la belle forme,

Par beau parler le vient Dieu lors orner :

Sa forme laide à bien parler conforme :

Sur lui les yeux ont fixe quand vient parler,

L’on se réjouit voir sa face de bon air :

Sans soi faillir il parle comme sage,

D’une couleur naïve à son visage :

Sur éminent en toute l’assistance,

Que comme Dieu on vient à personnage :

Voir, quand marcher par la cité s’avance.

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LES ETUDES DES ARTS :

Donc, par ce que nous avons dit, il est tout clair, à ceux qui ne sont pas du tout aliénés de sens, ni par la noblesse, ni pour se confier à sa beauté, de n’avoir jamais méprisé les études des arts, et, toutefois, ces choses étaient assez suffisantes.

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LA LEÇON DE DIOGENE :

Toutefois je viendrais à consentir qu’il aurait été mieux de chanter, un beau chant de diverses chansons de Diogène qui avait été invité chez une personne qui, toutes les choses qu’il possédait, il les avait améliorées et instruites d’une exalte providence, et de lui il n’en avait aucune cure, Diogène voulait cracher mais il retenait le crachat dans la bouche comme s’il voulait le jeter mais quand il eut regardé par tout, il ne vit aucun lieu où il puisse cracher, alors il cracha sur le Seigneur de la maison.

Le maitre voyant cela, il en fut grandement indigné et il le pria de lui dire pour quelle raison il a fait cela ?

Il répondit, qu’il n’avait pas vu dans toute la maison rien plus sordide et de si négligé de le voir comme il était car toutes les murailles étaient ornées de forts excellentes peintures, le pavé était consigné de précieux carreaux carrés, avec, à chacune, l’image des dieux gravée, toute sa vaisselle était pure et nette, les couvertures des lits et les lits mêmes étaient élaborés d’un beau et riche artifice, au point qu’on pouvait voir le Seigneur négligeant et sans cure et chacun a la coutume de cracher au lieu le plus déshonnête que l’on sache dans une maison.

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NOBLE, JEUNE, RICHE ET BEAU :

C’est pourquoi, ô jeune adolescent, ne vient pas paraître ni te présenter de manière digne qu’on vienne te cracher dessus, encore que l’on voit tout le reste être beau, certes il est bien rare de jouir universellement de toutes ces choses, et que tu sois semblablement noble, riche et bien beau.

Si un cas se présente avec toutes ces choses ensemble, il serait toutefois absurde, toi seul entre toutes tes facultés de voir qu’on puisse te cracher dessus.

Faites donc, ô enfants, qui que vous soyez et qui écoutez mon oraison, prenez votre courage et appliquez le à connaitre les arts et afin que, jamais, aucun séducteur et homme ignare ne vienne vous apprendre aucun art inutile et méchant, en sachant que nul art, quel qu’il soit, vienne nous apporter dans la vie aucune utilité.

Je suis sûr que je suis bien persuadé que des autres vous y regardez bien perspectivement et que de tels arts soient dignes de nom, comme de jeter les dés, cheminer par-dessus une corde prime et virer soi-même subitement en girouette

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LA SEDUCTION DE LA GLOIRE, DES RICHESSES ET DU SPORT :

sans considérer cependant ce qu’il advint à Mirmecrades l’Athénien et à Callicratès Lacédémonien, qui ont fait tellement de grands exercices gymnastiques et athlétiques.

Je crains qu’en ne promettant pas, qu’avec la force du corps soit conciliée la gloire, aux gens communs du peuple, mais aussi aux adultes qui sont honorés par une visible largesse financière et qui sont réputés par un tel énorme prix, avec les très excellents Arts, et que ceci vienne décevoir quelque adolescent et que là il le séduise et qu’il voudra préférer cet art et le mettre au devant, c’est pourquoi il vaut mieux, contre ces choses, l’avoir prémédité et s’y être préparé car tout un chacun est facilement faillible aux choses qui ne sont pas préméditées.

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LA MORT ET L’IMMORTALITE :

Certainement, ô enfants, l’espèce humaine a une certaine communion avec les dieux et, bien qu’elle use de la raison avec les animaux, elle est mortelle.

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L’UNITE DU CORPS ET DE L’ESPRIT :

Donc, il est meilleur, afin que les courages soient ajoutés à une meilleure partie en communion nous ayons cure d’érudition, laquelle, quand nous l’aurons atteinte, nous aurons le souverain bien qui appartient aux bons,

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LA FAIBLESSE DU CORPS N’EST PAS UNE TARE :

et si, au contraire, nous ne l’avons pas atteinte, toutefois nous n’aurons pas honte de dire que nous sommes inférieurs aux bêtes sauvages et très ignares, mais l’exercice athlétique du corps, s’il ne parvient pas, selon l’affectant, est affreux

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LA FORCE DU CORPS ET LES ARTS :

et si elle provient grandement, elle n’est, toutefois, pas moins digne de louange que les animaux brutes.

Je vous demande qui est plus robuste que les Lions ou les Eléphants, ou qui est plus véloce que le lièvre mais qui ignore que les Dieux eux-mêmes ne sont pas loués par autre chose et forts que par les Arts controvés ?

Avec une telle force et pour l’invention desquels nous avons honoré les hommes de suprêmes et divins honneurs, non pas pour avoir bien couru aux stades ni pour avoir jeté adroitement le disque mais pour les arts controvés.

Esculapes et Bacchus où jadis, au commencement, furent des hommes ou des Dieux et ils ont certainement mérité de souverains honneurs, l’un pour avoir montré l’art de la médecine et l’autre pour nous avoir appris la raison de cultiver les vignes.

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LE JUGEMENT DE PITHIUS :

Et si tu ne veux pas me croire, il est certain que l’autorité du Dieu Pithius ne pourra que t’émouvoir car c’est lui-même qui prononça que Socrate était le plus sage d’entre tous les hommes, et il ajouta, en parlant à Lycurgue et le saluant de cette manière :

Tu es venu Lycurgue, ou roi louable,

A mon très riche et honorable temple :

A Jupiter aimé est agréable.

Et compris haut sur l’Olympe si ample.

Si tu es Dieu ou homme je contemple,

O Roy Lycurgue la tienne déité

J’espère bien que ton saint front et temple

Sera fait Dieu plain de divinité.

Ce Pithius a même été vu ensuite ne porter guère moins d’honneur à l’égard d’Archiloque mort, car, quand celui qui l’avait tué voulut entrer dans son temple, il lui défendit d’entrer en disant :

Qui en mon temple entrer dedans souhaite

Ni entre point meurtrier du clair Poète.

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LES JEUX ATHLETIQUES :

Maintenant viens me raconter ces honorables luttes athlétiques honorées par ses titres, mais tu ne le feras pas car tu n’as rien à dire, sinon que par aventure tu viendras à mépriser le témoin d’être indigne pour être cru.

Certes, il me semble que tu veux démontrer quelque cas, alors que tu viens référer ton sermon, en témoignage au peuple et tu viens nous objecter leur louange et, toutefois, je sais assez, ne travaillant d’aucune maladie, que tu viens le présenter au populaire, mais, de tous ceux qui sont élus, il y en aura bien peu, même à ceux qui sont très experts en l’art de la médecine, ni ceux qui naviguent à plusieurs, mais à un gouverneur.

Finalement, si tu as besoin de savoir pour de petites choses tu prendras l’avis d’un charpentier, si tu as besoin de souliers tu t’adresseras au cordonnier, donc ceci est la raison pour laquelle il est dangereux les choses les plus souveraines que tu viennes revendiquer la puissance de juger, ôtant cela à ceux qui savent plus que toi, car pour ce point je laisse faire la mention les dieux

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LA PUISSANCE CORPORELLE ET LE MATERIALISME :

et écoute ce que dit Euripide des Athlètes :

Maux infinis sont par toute la Grèce,

Nul mal n’est pire d’Athlète l’espèce :

Premier ceux la guère bien ne conseillent

Dans leur maison ne à leur profit ne veillent

Premier quand est permis prévoir c’est être

Mais dites-moi comme pourrait connaitre,

Richesse acquiert le serf en la personne,

Qui à la gueule est au ventre s’adonne :

Qu’il puisse vivre en sa maison sans soin

Ne peut après de son bien grand besoin :

De ses fortunes ne se soutient content,

Car qui après à été en tout temps :

Par coutume en façons bien honnêtes,

Souvent se tournent en les arts déshonnêtes

Afin déjà que tu entendes tout, l’étude de ceux-ci sont tenus pour n’avoir rien de bon, écoutes donc encore une fois s’il te plait ce qu’il dit :

L’homme vaillant heureusement versé

Agile aux pieds, léger en la palêtre :

Ou bien jeter le plat au trou percé,

Et bien à droit sur tous points le voir être

Très bien les coups de son homme connaitre,

Par tous les faits vient vaincre sa partie

Vient rapporter comme vaillant est dextre

Couronne acquise d’honneur en sa patrie.

Que si tu désires entendre des paroles plus expresses, écoute ce que derechef il dit :

Assavoir mon si on viendra prélire,

Par Mars ouvert contre ses ennemis,

Par main que plat vient jeter est plier,

Ou par aspic vibrer il sera mis :

Des pieds légers là n’y sera commis,

Nul sur ma foi pour bien le vrai déduire

Toutes ses choses sont bien vaines hormis,

Lors que le fer commencera de luire.

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LA PHILOSOPHIE :

Je me demande si nous réciterons Euripide et tous les autres avec de telles paroles, mais nous permettront aux Philosophes le droit de juger, mais aussi bien d’avantage par les conseils de tous ceux qui condamnent, comme s’ils parlaient tous d’une même bouche, l’art de tels, et ils l’ont si fort condamné qu’aucun des médecins, nulle part, ne vient la prouver.

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MODERATION ET EQUILIBRE :

Premièrement tu trouveras Hippocrate qui disait que l’affection Athlétique n’est pas conforme à la nature et qu’une saine habitude est meilleure.

Ainsi mêmes les plus souverains médecins en ont été persuadé et ils ont suivi l’âge d’Hippocrate.

Certainement je ne voudrais pas prendre le jugement des témoins car cela est plus propre à l’Orateur qu’à l’homme envers lequel la vérité est en grand prix, toutefois pour ce que quelques uns se rendent à la multitude des témoins et, de là, ils viennent à capter une vaine gloire, ni aussi ils n’ont cure de l’exercice des choses étranges ni de les considérer.

Je suis contraint ici d’objecter les témoins afin qu’ils entendent qu’ils ne sont pas supérieurs à nous et c’est pourquoi il ne m’a pas paru intempestif de commémorer ce que fait Phryne

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LA LEÇON DE PHRYNE :

lorsqu’elle fut conviée dans un banquet, où il se faisait un jeu à plaisir, que l’un commandait à l’autre ce qu’il voulait, alors, elle, en voyant plusieurs femmes en sa présence qui étaient fardées de céruse et de orcanette, comme à demies peintes, elle commande se faire apporter de l’eau, et immédiatement elle leur commanda de mettre leurs mains dans l’eau et puis de laver leur face, puis, tout de suite, elle les fait bien essuyer d’un linge, et elle commença à le faire en premier.

On a immédiatement vu que toutes les faces des autres femmes étaient pleines de taches et si tu les eusses vu, tu eusses dit voir certaines images faites par artifice pour faire peur comme avec des masques, mais Phryne était plus belle qu’auparavant, car elle seule n’avait aucune beauté artificielle, mais elle avait une très belle forme naïve, et elle n’avait pas besoin de mauvais arts quand à l’agencement de la forme, tout ainsi comme la vraie beauté est à explorer toute seule à la fois, exfoliée de toutes choses accidentelles venant de dehors.

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QUÊTE MATERIALISTE ET DENI DE L’ÂME:

Ainsi l’exercice Athlétique convient d’être défendu seul et je me demande si l’on voit qu’il puisse apporter quelque utilité, ou publiquement aux cités, ou de manière privée à ceux qui l’exercent.

Donc vu que, premièrement, les espèces de biens sont variées, et que naturellement nous avons, comme par exemple ce qui appartient au courage, au corps, aux choses extérieures, ni hormis cela nulle espèce de biens ne peut nullement excogiter à tout un chacun, cela est trop clair, que ceux qui exercent l’exercice athlétique n’ont pas atteint les biens de l’âme qui sont en sommeil, vu qu’ils ignorent totalement cela, de savoir s’ils ont une âme ou non et ils en sont bien loin de savoir qu’elle soit participante de raison, voyant qu’il assemble toujours la force à la chair et au sang et ils ont l’âme fort submergée par une grande boue.

Afin, qu’exactement, on ne puisse pas l’entendre, il est vrai qu’une telle âme n’est pas moins stupide que celle des bêtes brutes, et que, par aventure, les Athlètes viendront contendre, comme ne conférant rien aux biens du corps.

Je te demande donc, ils s’attribueront la bonne santé et que rien n’est plus précieux, certes, tu ne trouveras d’autres affections plus dangereuses pour le corps.

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LE CULTE DU CORPS :

Mais si la foi est donnée à Hippocrate, lorsqu’il dit que la souveraine bonne habitude du corps est dangereuse lorsque ceux-ci s’y consacrent mais il ajoute aussi que l’exercice de la santé est de ne pas se saouler de viandes, mais d’être agile en tout est loué mais les athlètes font le contraire quand ils travaillent outre mesure, et aussi ils se remplissent outre coutume.

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EQUILIBRE DE VIE :

En somme ils méprisent le sermon de ce vieil Hippocrate, comme surpris de fureur corybante, car il démontre qu’une vie raisonnable doit être accommodée, pour la protection de la bonne santé, il affirme que les labeurs, les viandes, boire et dormir, tout doit se faire de manière modérée.

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LES EXCES :

Mais ceux-ci s’exercent tous les jours de façon désordonnée dans des labeurs, et ils ingurgitent souvent des viandes, et, par violence, ils poursuivent l’absorption de la viande jusqu’à minuit, et quelqu’un vient leur jeter cela comme le dit Homère :

Le comment peuple est hommes repoussaient,

Par doux sommeil surpris (toute la nuit)

Les grands seigneurs aussi très tous dormaient,

Le corps par somme ne prenait nul ennui

Le mordicant sommeil il donnait déduit,

L’homme assoupi par sommeil amiable :

Et nul sommeil n’avait encore induit,

Les malheureux Athlètes misérables.

De manière semblable, comme ils font avec les viandes, ils le font aux labeurs et ils viennent à réduire le sommeil autant que les autres vivent selon nature.

Comme ils viennent du labeur, ils demandent des viandes et après ils se saoulent de dormir, afin que leur vie soit semblable aux pourceaux, sauf que les pourceaux ne travaillent pas outre mesure et ils ne mangent pas constamment, mais ceux-ci, en endurant cela, sont entachés des taches de Rododaphnes.

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L’EQUILIBRE DANS UN JUSTE MILIEU :

Et donc, celui qui oublie presque ce qu’Hippocrate a dit et ajoute ceci, que remplir vivement et subitement le corps, ou le vider, ou le chauffer, ou le réfrigérer, ou l’émouvoir par n’importe quel autre moyen est fort périlleux, car tout, dit-il, qui est violent est ennemi de la nature, mais ceux-ci ne veulent pas écouter ces bonnes paroles ni celles d’aucun autre, qu’ils viennent à transgresser les dits avec ceci, mais ils préfèrent user plutôt de tours qui répugnent avec les préceptes.

C’est pourquoi, certainement, je dirais que cet exercice n’est pas convenable à la bonne santé, mais plutôt fait venir des maladies, si je n’ai pas failli car Hippocrate y consent quand il dit que l’Affection Athlétique n’est pas selon la nature, mais l’habitude salubre est meilleure.

Par ces dits, il n’a pas seulement et manifestement nié que leur exercice est naturel, mais aussi leur habitude à appeler l’affection, en voulant les spolier de l’honneur du nom, lequel tous les anciens ont la coutume d’appeler homme ceux qui seraient en bonne santé, car l’habitude est une certaine affection stable et perpétuelle.

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LE DANGER DES EXCES PHYSIQUES :

Au contraire, avec l’habitude des Athlètes menée jusqu’à son extrême, les biens du corps seront ensuite mis en péril, puis, facilement, elle est muable au contraire, car elle ne vient à recevoir accession, pour ce qu’elle vient jusqu’au sommet où elle est parvenue, et c’est pour cela qu’elle ne peut consister en un même état et il ne reste rien sinon qu’elle vienne à se détériorer et véritablement bien qu’ils exercent l’exercice athlétique pendant que leur corps est en état.

Ensuite s’il advient qu’ils abandonnent de faire l’exercice, ils se trouvent bien pire, car les uns, peu de temps après, viennent à mourir et les autres vivent, certes davantage, mais ils ne parviennent pas jusqu’à la vieillesse, et si parfois fois quelques uns y parviennent, qu’ils ne différent en rien de celles de Lites homériques, boiteuses, ridées, chassieuses et privées des yeux.

De manière semblable aux parties d’une muraille de l’enceinte d’une ville qui est concassée et battue par les tourments, et pour peu qu’un dommage survienne, elle tombe facilement, et elle ne peut souffrir ni mouvement de terre, ni l’insulte par nul autre gravier, tous les corps des Athlètes sont corrompus et faits imbéciles, par les pluies et naureures qu’ils ont reçus en exerçant et ils seront facilement lésés par une bien légère occasion qui leurs surviendra.

Ensuite chez plusieurs d’entre eux les yeux sont aux oubliettes ou fossoyés, quand la force de résister est déjà défaillante, ils sont remplis de flegme et leurs dents sont ruinées par la fréquente pourriture et destituées de vertu par la succession du temps, ils déchent facilement, ensuite la symétrie compacte des membres, qui, le plus souvent, deviennent tordues et se rendent invalides, ni toute violence que survient par dehors, et tout ce qui a été rompu, ou par contrainte retiré, il vient facilement à émouvoir, quant à ce que appartient à la bonne santé, il est trop clair que nul genre n’est plus misérable que celui des Athlètes, c’est pourquoi, non sans raison, ils sont notés d’un généreux surnom dits Athlètes, ou qu’ils aient le surnom Athlioi, c’est à dire misérable, ou que tous deux communément soient nommés Athlothètes, c’est à dire misère, comme si le surnom était sorti d’une terre.

Donc, puisque nous avons traité ce qui est souverain qui est entre les biens du corps, et quoi ? En ce qui concerne la bonne santé, maintenant, passons outre au reste, afin que pas seulement l’exercice Athlétique ne vient en rien conférer à la beauté, par quoi, aussi, plusieurs d’entre ceux-ci qui sont composés de corps merveilleusement bien et les gymnastes qui les avaient en cure, les engraissant outre mesure, et les inférieurs de chair et de sang, ils viennent à les remettre en diverse espèce de corps, aussi d’une face difforme, et totalement étrange et sale vient le rendre, même ceux qu’ils avaient institués à la lutte des poings.

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LA DECADENCE DES CORPS OUTRAGES :

Ensuite depuis qu’ils ont bien leurs membres rompus et tordus, ou bien qu’ils ont effondré les yeux, par là, il apparait manifestement le grand fruit qu’ils ont de tel art : ainsi leur affaire se passe très bien pendant qu’ils sont sains.

Quant à la commodité de la forme, rapidement après qu’ils cesseront d’exercer, tous les autres organes du corps périront, et tous les membres comme j’ai dit, tordus, difformes ils ne rendent rien de bien, par aventure rien de tout ce qui a déjà été dit, mais ils s’attribueront robustesse et force, car je sais assez qu’ils diront ceci, que cela appartient grandement à tel affaire, mais par les dieux quelle force, ou à quoi cela est utile ?

Je me demande si ce n’est pas dans l’agriculture, donc très bien pour fouir, moissonner, ou quelque autre chose de semblable qui appartienne à l’agriculture, mais par aventure elle a la chose belliqueuse qui viens donc entendre encore ce que dit Euripide chante leurs grandes louanges :

Bis. Euripidi tribuit Galenus.

Ne viendra l’on donner l’âpre bataille,

Ou faire guerre comme ennemis par main :

Sur plats pourtant ne frapperont de taille,

Tout cela n’est pour frapper que cas vain :

Rien pourrait il des pieds l’agile est sain,

A déchasser ennemis des cites :

De tout cela ne sont que vanités,

A mon avis nuls seraient excités,

Mêmes quand bien tous ces gens je connais :

Vain feutz tout quand à la vérité,

Si l’on voyait par lors luire l’harnois.

Ensuite contre le froid et la chaleur ils sont valides quant à ce, en imitant Hercules, que autant en Hiver qu’en Été, ils sont couverts d’une peau et déchaussés, en dormant perpétuellement la nuit au serein, couchant en terre, car en toutes ces choses les enfants nouvellement nés sont plus imbéciles.

Donc par quelle cause viendraient ils manifester la similitude de leur force, et où il leurs sera agréables et de pouvoir dresser leurs crêtes : certainement pas dans le travail des cordonniers, des charpentiers qui sont édificateur de maisons les délectèrent en la palâtre, ou aux stades, il pourrait bien être que, en ceci, que tout le jour en venant à susciter la poudre et se vautrer, ils jugeront droitement de pouvoir le faire et être digne de louanges mais il est vrai que cette louange est plutôt aux cailles et aux perdrix.

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L’EXEMPLE DE MILO CROCTONALE :

S’il est donc dit qu’ils lèvent leurs crêtes et qu’ils se lavent tout le jour de fange, mais dis-moi, par Jupiter, le cas de Milo Croctonale qui, jadis, porta, par une stade, sur ses épaules, un des taureaux immolés : ô mémorable démence de ceux qui n’entendent pas ceci, que un peu auparavant, l’âme aurait porté le corps de l’animal vif, certes il porta de beaucoup plus moindre labeur que Milo, car il pouvait courir quand il le portait, toutefois elle n’était de nul prix, pas plus que l’âme de Milo : mais la fin de tel homme déclara qu’il n’avait point d’entendement.

Une fois, alors qu’il regardait un jeune adolescent qui, avec des coings fendait des arbres, il le fait ôter de là en se moquant de lui et il n’usa pas d’autres instruments que ses propres mains, il réduisit le bois en pièces, car toute la force qu’il avait il l’employa au premier effort, tant qu’il vint réduire et diviser le bois, une partie de l’arbre ici et l’autre là, et ce pendant les coings tombèrent avec l’autre partie de l’arbre qu’il ne put diviser : certes il essaya longuement et à la fin il se trouva vaincu, et il n’eut plus de puissance pour extraire ses mains, mais par les deux parties du tronc conjointement resserrées, ses mains furent d’abord prises puis brisées, et après elles furent la cause de la misérable fin de Milo.

LA MORALE DE L’HISTOIRE DE MILO :

Donc il aurait profité davantage en ceci, car il n’aurait souffert d’aucun mal, s’il avait porté par une stade le taureau mort et je me demande, si en ce temps là, il aurait pu conserver la république Grecque, lorsque les grecs faisaient la guerre contre les Barbares, avec la force de Milo, quand il la déclara en portant le taureau, plutôt que par la sagesse de Thémistocle : lequel premièrement d’un droit indice, vint à dépréhender la sentence de l’oracle, ensuite il a conduit la bataille comment il fallait car un conseil unique et prudent est supérieur à beaucoup de mains.

Ensuite l’usage avec des armes est pire que n’importe quel autre mal, certes je pense déjà avoir de manière perspicace déclaré que l’exercice athlétique ne saurait conférer aucune utilité aux fonctions de la vie, aussi ils ne sont d’aucun prix à ceux qui les exercent et vous le connaitrez à travers la fable suivante qu’un certain homme l’a bien élégamment ornée par de prolixes carmes mais la fable est ainsi faite.

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LES OLYMPIADES OUVERTES AUX ANIMAUX :

S’il advenait que, par la volonté de Jupiter, à tous les animaux il advint, à la fois, un consentement et une société de vanité afin qu’en Olympe le crient, que pas seulement les hommes viennent conquérir au prix mais qu’il permit à tous les animaux de venir ensemble à un moment.

Je crois que nul homme ne serait couronné même à une certitude, qu’il se vient à étendre jusqu’à vingt et trois stades, qu’ils nomment Olichon, dit le cheval qui le surmontera beaucoup plus et plus rapidement, mais qu’il ne soit pas plus loin d’un stade que le lièvre emportera le prix.

Ensuite au double stade là où le cours et recours vient à dupliquer le stade, le daim en premier emportera les joies mais, en bref, personne parmi les hommes ne sera compté dans le nombre !  O misérables hommes, combien sont légers vos exercices et bien davantage que personne depuis Hercules ne se montrera plus robuste qu’un Eléphant ou qu’un Lion, et je le pense bien, vu que le taureau emporterait la couronne à la bataille à mains nues, aussi il dit que si l’âne veut tendre des talons, il emportera la couronne, et il sera écrit comme un événement variable que l’âne au pancrace aurait vaincu les hommes, mais cela était du temps de la vingt-et-unième Olympiade quand l’âne criait d’avoir vaincu.

Cette fable vient déclarer que la force Athlétique ne peut être du nombre de celles qu’il faut que les hommes exercent car, sur les Athlètes, les animaux l’emportent sans forcer.

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L’EXERCICE ATHETIQUE :

De quelle façon viendront-ils revendiquer les autres biens, que si quelqu’un disait que la volupté du corps peut être compté avec les biens, certes mais ce n’est pas suffisant, ni pendant qu’ils l’exercent ni aussi après l’exercice car quand ils font l’exercice l’Athlétique, ils vivent en travail et en misères, non pas seulement par l’exercice, mais parce qu’ils sont contrains à la voracité, que s’il arrive qu’ils prennent l’art pour mission, plusieurs d’entre eux présenteront un corps boiteux et débiles.

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FRAGILITE DES GAINS DES ATHLETES :

Si, par aventure, ils se glorifient, parce que, plus que tous les autres, ils font de grand amas d’argent et d’autres biens, toutefois on les peut voir être tenus et obligés par des dettes qu’ils doivent.

Tu ne saurais trouver un Athlète plus riche d’un poil que le villageois d’un homme riche, combien qu’il n’est pas très honnête d’amasser des richesses par un tel art et il serait beaucoup mieux de savoir qu’un tel art est comme le navire rompu, qui vient s’unir au naufrage de la mer avec le maître.

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VERSATILITE DES NEGOCES HUMAINS :

Cela n’advient pas à ceux qui procurent les négoces des riches, ni aux publicains, ni aux négociateurs, et toutefois ceux-ci s’enrichissent par leurs arts.

Ensuite si leur richesse est perdue, il se perd aussi leur négociation qu’ils ont honoré par de argent par leur effort, car s’ils sont dans le besoin, ils ne peuvent restaurer leur première négociation.

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CHOIX DE SON ART POUR LA VIE :

Et si quelqu’un vient étudier pour gagner de l’argent, l’art est fait pour être exercé, permanent durant toute la vie, aussi voyant que les arts se distribuent par la première division en double discrimination car les uns sont constants dans la raison et ils sont libéraux et honnêtes et les autres sont contemplés dans un constant labeur du corps et on les nomme sédentaires et de mains ouvrières, mais il serait un meilleur choix d’en apprendre un parmi les premiers.

Donc il faut choisir un art et y exercer la jeunesse, et comprendre qu’il ne doit pas être totalement brutal, mais le meilleur, selon mon jugement, est l’art de la pratique de la médecine mais ceci nous sera après démontré.

Fin.

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5 – NOSTRADAMUS , LA LETTRE A C. GALIEN : CONCLUSION

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Ami lecteur, NOSTRADAMUS, décrit dans ce livre le danger d’une vie tournée vers le matérialisme à travers les quêtes de la fortune, de la beauté et de la force physique marquant la vanité de l’homme, calquée sur les performances de la bestialité animale et qui nous sont bien supérieures.

Mais l’homme se doit de dépasser l’animal par la puissance de l’esprit, par la quête spirituelle à travers l’étude des sciences, des belles lettres et des « bons arts » qui sont accessibles à tout homme, quelle que soit sa condition.

L’homme doit s’approprier l’essence de l’existence pour distiller l’élixir de longue vie et de la santé et viser la quête de l’immortalité dans le sillon du projet du Créateur.

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FICHIERS A TELECHARGER

LETTRE A C GALIEN

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LIENS :

LA GUERRE DE L’UKRAINE ET LE QUATRAIN I.92

NOSTRADAMUS : MORT DU PAPE A LYON

NOSTRADAMUS : PARIS ET LONDRES, LES MEGAPOLES

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EN VOUS SOUHAITANT LONGUE VIE EN BONNE ET PROSPERE FELICITE.

 

MICHEL-HENRI.

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NOSTRADAMUS : LA LETTRE A C. GALIEN